Et puis il y a eu ce premier trajet en RER, ce dimanche après-midi, et les pensées qui se bousculaient, ces souvenirs aux couleurs de paillettes, cette folie de la nuit au creux du ventre, ces fous rires, et ces lendemains qui déchantent, alors il y a eu son image à Lui, soudain, qui prenait toute la place, et lorsque je regardais les lumières dehors, je voyais bien que la vitre m'empêchait de les atteindre, et que j'aurais beau tendre le bras, elles étaient bien trop loin, et qu'il y aurait toujours une foutue vitre avec mon foutu reflet, et puis peut-être que je livre uniquement un combat contre moi-même, contre la gamine en moi, contre l'immature en moi, contre la femme peut-être aussi, il faudrait qu'on me dise, qu'est-ce que j'ai râté, un moment, un geste, un mot, un homme, un amour?
Et il y a eu ma mère les mains dans sa compote de pommes, son cop's et ses nems, Choupinou et ses prouts je vais péter dans ton lit Joum toute la nuit, et mon frère qui m'a attrapée avec son sourire au goût de bonheur, ses copains qui criaient dans la voiture, la musique trop forte qui faisait trembler ma poitrine, et cette fatigue qui me brûlait les yeux, ce silence en moi, et puis ce rire, blottie entre mon frère et un copain dans un grand siège de cinéma, je voulais vivre, alors j'ai laissé l'écran crever mes yeux, et ce film pénétrer jusqu'au fond de mon estomac, Match Point, avec les sentiments qui faisaient naître des boursuflures sur les visages des acteurs, avec mon frère dont je croisais le regard de temps à autre dans le noir, et cette complicité toujours, éclatante, et je me suis dit, c'est ça, oui, c'est ça, la chance, c'est une balle qui tombe du bon côté du filet, et puis on gagne, mais pas forcément le bonheur, mais bordel, après quoi je cours?
Au coeur de la nuit, il y a eu ce cri à l'intérieur de moi il me ment, j'ai eu cette descente dans les entrailles, et j'ai eu envie de pleurer, là, dans les draps d'enfant de Choupinou, il y avait des peluches tout autour, et de la douceur froide qui plânait dans l'air, alors j'aurais voulu ses bras à Lui pour les refermer sur moi, j'aurais voulu ses murmures chut tu verras, ferme les yeux, quand tu les ouvriras, je serai encore là, mais je n'ai rien entendu que le silence d'une maison qui dort, alors les yeux secs, les pensées qui coulaient, j'ai repensé à ses mots je te dirai tout au creux de l'oreille quand tu seras dans mes bras, ces mots qui assassinent, ces mots qui devraient s'envoler au lieu de rester collés à ma mémoire, dis-moi, dis-moi, qu'est-ce-qui a changé?
Et puis il y a eu ces pas avec ma mère dans les rues, on va à la boulangerie Joum, au fait t'as faim, moi non, bon on va s'acheter des magazines, ah et puis non, trop de monde, alors on a marché encore, ces pas qui ne nous menaient nulle part mais qui n'étaient qu'un prétexte pour laisser aller les mots entre nous, je l'ai regardée, et je me suis dit que tant qu'elle serait là, à côté de moi, tout ne pourrait que bien aller, j'avais des sourires en pagaille sous les paupières, et j'ai écrit encore dans la pénombre de l'après-midi, la musique toujours très fort au fond des oreilles, je veux tout à l'excès, mon frère juste à quelques mètres, mon autre force, je débordais de mots, alors j'ai laissé aller mes mains sur le clavier, et ces personnages qui s'imposaient à moi et qui se débattaient avec leurs émotions, je voudrais les décoller de moi, sont-ils tous devenus des ombres de mes angoisses?
Avec la nuit n'est venue aucune légèreté, j'avais mal aux épaules de porter ma tête, mais cop's-p'tite-soeur est venue, et nos rires ont résonné tout de suite dans la maison, entre deux tisanes, entre deux clopes, et ces vies parallèles qui se touchent, ces doutes qui se répondent, on est chacune la force de l'autre dans notre faiblesse, et ces hommes, ne peuvent-ils pas nous aimer comme nous sommes, ne peuvent-ils pas arrêter avec leurs doutes eux-aussi, quand tout cela va-t-il finir?
Il y a eu ce rêve, où j'étais face à un pont, très long, avec les planches brisées qui s'ouvraient sur du vide, j'avais le vertige, mais une fille aux cheveux longs est arrivée, m'a faite monter sur une nacelle et nous avons volé au-dessus du pont jusqu'à l'autre rive, j'ai ouvert les yeux, et il y a eu cette certitude au fond de moi qui m'a fait mal parce-que je le sais que j'ai des obstacles à traverser, je le sais que la route va être longue, et que j'ai besoin d'être portée, je me sens petite, je me sens fragile, lorsque je me lève, je cours écrire encore, et je me sens à nouveau entière, est-ce que j'ai réellement envie qu'on me porte, est-ce que je ne suis pas assez forte?
Et il y a eu cette après-midi, et je sautais sur moi-même pour ne pas avoir froid, et ce pied qui est mal retombé sur le trottoir, mon cri de douleur, une vieille entorse qui s'est réveillée, ma mère qui a ri Bichette, t'as réellement un problème avec tes pieds, avec ton équilibre, c'est comme si tu t'empêchais inconsciemment d'avancer, et j'ai fait l'enfant pour qu'elle me masse, et Choupinou avec qui je regardais Tom et Jerry blottis tous les deux sous la couverture et tu regardes hein Joum, parce-que c'est drôle, alors rigole, et j'ai rigolé, puis il y a eu cette balade au milieu des arbres, parmi les maisons, ma mère et sa doudoune d'équitation Joum tu vas attraper froid avec ta veste de rien-du-tout, mets ma super doudoune, ma tante et nos clopes en pointillé sur le chemin, nos rires de gamines, et Choupinou qui disait je ne vais pas marcher 150 kilomètres avec mes chaussures hein oh pfff, je lui ai demandé s'il voulait bien se marier avec moi, et il m'a dit je sais pas, fais comme tu veux, et je l'ai couvert de bisous ce petit homme qui, un jour, probablement, dira à une femme je sais pas, fais comme tu veux, est-ce que tout est déjà écrit, est-ce que tout n'est qu'un éternel retour?
Et puis il y a eu ce retour en RER, et toujours cette impression que je vis des cycles, et puis soudain, c'est devenu clair en moi, une évidence, il ne m'aime pas comme je l'aime, je ne suis pas heureuse dans cette relation, mes bonheurs viennent de tous ces moments avec eux, ma tribu, alors les larmes sont enfin sorties, ça ne pouvait plus s'arrêter, j'en avais plein les yeux, parce-que j'avais compris que j'étais allée trop loin dans cet amour pour Lui, comment aurais-je pu savoir, je n'ai pas pu me freiner, mon coeur qui se réveille, c'était tellement inattendu, je suis allée trop loin, mais y suis-je vraiment allée toute seule?
Dans mon appart, j'ai retrouvé le silence, et puis j'ai retrouvé le bazar du lendemain de cette nuit de samedi où j'avais tout oublié, où la légèreté seule brillait dans l'air, j'ai souri doucement, quelle importance, la vie est là, il faut bien que je me rende à l'évidence, Lui n'a pas d'empreinte sur mon quotidien, je ne le vois nulle part, la photo avec Lui est passée derrière mon miroir, et je n'ai vu que mes yeux mouillés dans ce reflet, il y a des signes auxquels je crois, mais je veux savoir, je veux aller au bout, et si les limites n'attendaient que d'être franchies?
Et puis soudain, il était là, Lui, sur ce foutu MSN, je n'ai même pas été surprise, j'étais devenue glaçon, il était devenu un étranger, et il a commencé à me parler, je me sentais lasse, désordonnée, triste, alors je le lui ai dit, et il y a eu tous ces mots qui sont venus danser entre nous, narguant mon amour, narguant mes états d'âme, les mots comme des couteaux, les mots comme des pansements, les mots que je savais, j'aurais pu les écrire à sa place, je le sentais, mais je ne le connais finalement pas, je ne sais rien de sa vie, et Lui écrit des mots auxquels je ne crois plus, parce-que justement ce ne sont que des mots, alors je n'avais plus envie de rire, Lui oui, je n'ai pas vu la légèreté s'enfuir de moi lorsque mon coeur s'est réveillé, Lui l'a vu, Lui a peur, Lui veut faire de moi une autre, je le veux comme il est, et alors j'ai senti l'immense décalage entre nous, ce foutu décalage qui nous colle à la peau depuis 5 ans, on se cherche, on se croise, on se perd, mais combien de temps ça va encore durer, je suis une gamine aux pulsions adolescentes, mais je suis devenue une femme malgré tout, et j'aime un enfant, un enfant qui doit grandir, je ne veux pas être maman d'un homme dont je n'ai pas accouché, alors je n'ai d'autre choix que de le laisser grandir seul, au risque de nous perdre, encore une fois, et peut-être de manière définitive, parce-qu'à travers les lignes et les heures qui défilaient sur nous, j'avais compris.
Je me bats seule pour un amour qui ne fleurit qu'entre mes tempes.
Commentaires :
Re:
Je ne sais plus vraiment dans quel sens aller sans me perdre encore un peu plus...
(Je suis forte en clichés aussi ;-))
Je sais pas
Je sais les hivers
Je sais le froid
Mais la vie sans toi
Je sais pas
Joum, je sais pas. Mais en tous cas, je suis de tout coeur avec toi et je vibre à chacun de tes posts :-)
Bonne journée miss Joum !
Re: Je sais pas
Bisou m'ssieur!
Tu deviens femme
Salut Joum,
Dans ton dernier paragraphe tu as un vrai discours de femme.
On sens toute l'emotion et la lassitude des moments que tu traverses.
Cette relation à distance tu fais peut-être grandir tout simplement.
Attention, je ne dis pas que tu es une "gamine", je sens juste que face à l'amour ta façon de voir les choses et ce que tu en attends change.
Courage, garde ton sourire et tes délires.
Bises ;)
Re: Tu deviens femme
Je garde mon sourire et continue (un peu trop ;-)) mes délires.
Bisou Moishe!
salut
Bien sûr qu'il ne t'aime pas comme tu l'aimes il n'est pas toi...
Et il ne sera peut être jamais celui que tu veux...
Ou alors il ne mesure tout simplement pas l'importance de tes doutes le besoin constant que tu as d'exister dans ses pensées..
Ou enfin ce qui est très possible c'est que tout simplement je ne le connaisse pas (et oui c'est vrai après tout...) et que finalement il prenne vraiment tout à la légère.
La seule chose dont je sois sûre c'est que la distance est dur à vivre et que chacun la vit comme il le peut...
Et qu'il ne faut pas tout perdre bêtement par lassitude...
Il t'aime j'en suis certaine peut être pas comme tu le voudrais mais es tu sûre qu'un seul jour tu aimeras quelqu'un comme tu l'aimes Lui? et Es tu sûre qu'un jour quelqu'un arrivera à t'aimer comme tu veux qu'on t'aime?
Bref sors la tête de l'eau la distance je l'ai vécue et pour rien au monde je ne le revivrais mais pour ma part ça valait le coup et le mien se comportait pire que le tiens il travaillait trop meme pour penser à moi dur à entendre non?
Mais je me suis battue comme tu le dis et j'ai gagné quoi qu'il arrive aujourd'hui j'en suis sûre...
Alors si tu es fatiguée et lasse laisse courrir reste avec ta tribu vide toi la tête on ne se connait pas mais ta tristesse m'a envahit alors je t'envoie un peu de joie et de ma bonne humeur...
Tu t'en fous sûrement mais dis toi que tous les gens qui te lisent à un moment dans la journée pensent à toi et t'apprécie le plus souvent sans te connaître... Ce que j'aimerais me dire que pleins de gens pensent à moi...
Tu as beaucoup de chance.... Bon arrêtons toutes ces conneries j'attends ton livre avec grande impatience... Je te souhaite pleins de courage pour la suite la décision que tu prendras sera la bonne car ce sera la tienne ne regrette jamais rien (mon dieu je parle comme si j'étais super vieille et que j'avais vécue 75ans déjà...)
Bon bref pleins de bisous en cette journée maussade ou je suis de bonne humeur quand même et désolé si je me mêle de chose qui ne me regarde pas...
Bonne fin de journée
Céline
;-)
Re: salut
Je crois qu'il a mesuré l'importance de mes doutes, et l'importance qu'il avait dans mes pensées. Et je pense que c'est exactement cette importance qui l'effraie.
Maintenant je peux me tromper.
Il n'est pas question de perdre quoique ce soit par lassitude, il est question qu'il sache ce qu'il veut, je ne peux pas le savoir à sa place.
Je ne peux (ni ne le veux d'ailleurs) le forcer à rien.
Mais je ne peux pas attendre indéfiniment, j'y perds mon moral, et un peu ma santé.
Pour l'instant, je laisse en suspens. Qu'il se débrouille, qu'il vive ce qu'il a à vivre, qu'il règle ce qu'il a à régler. Moi je vis et j'oublie pour le moment. Ensuite on verra.
Et je fais en sorte de ne rien regretter.
Bisous miss Celine et passe une bonne journée :-))
Juste quelques mots pour te souhaiter bon courage miss Joum.... parce que je ne sais pas quoi dire... parce qu'une épreuve comme ça c'est jamais facile...
Bizouxxxx
C'est la regle
En ce moment, on m'aime plus que je n'aime, cependant, je suis sure que si on se separait, on souffrirai autant l'un comme l'autre. C'est la vie
Re: C'est la regle
Mais cela est acceptable et vivable lorsque le déséquilibre n'est pas trop grand.
Re: Re: C'est la regle
Plein de courage Ma Joum! Respire, vis, et tu verras plus tard. Les histoires à distance demandent bcp de confiance et d'assurance. Elles peuvent se révéler trompeuses en exacerbant des sentiments qui dans le quotidien n'auraient peut-être pas la même intensité, le même devenir. Pour en avoir vécue une pendant 2 ans, je crois que je ne me suis jamais sentie aussi "amoureuse" qu'à cette période. Et puis, pouf, tout est retombé d'un coup! Juste un bon souvenir.
bisous
Re: Re: Re: C'est la regle
Effectivement je pense que tout est exacerbé, et qu'il y a une grande part de fantasme dans une relation à distance...
Donc bon allez je vis maintenant :-))
Bisous Ana!
Rien a voir
Quel interet aurait il a te mentir ?
Dans 3 semaines, il revient, car il a trouve un travail en Europe (pour qui deja?) .
:-D !?
Re: Rien a voir
Je n'en dirai pas plus, ça nous regarde.
Pour Lui, il l'a trouvé pour Lui.
(Désolée mais je suis un tantinet en colère contre Lui).
Re: Re: Rien a voir
Tu n'as pas a etre desolee, d'etre en colere le droit tu as ;-)
Ah les hommes, d'une autre culture de plus, c'est parfois difficile de les comprendre. (Mais les femmes c'est encore plus complique lol)
Bon courage donc!
t'en fais pas !!
Tantine est là !!, tonton, môman, le muet, le frérot, les cousins, le choupinou, Zaza, Sorbonne......et tes pote(sse)s...
elle est pas belle la vie ???
bisous ;o))
TTT
?????????
Tiens, où-t-est-c'qu'elles sont passées nos p'tites têtes ?? pour une fois que je me trouvais bien sur une " photo " !!
Re: ?????????
Tantine, t'es mieux en vrai!
(Et je fais pas la fayotte hein ;-))
Je vais me faire jeter des pierres, mais
Je ne sais pas si tu te rappelles ce comm' que je t'avais laissé lorsque tu commençais à reprendre ta relation avec lui: "Il va falloir choisir entre lui et... ta mère". Ce que je lis confirme ce que le t'avais dit. Je m'explique parce que c'est facile de jouer les corbeaux en disant "je l'avais prédit je l'avais prédit!". Sache tout d'abord que je ne juge personne individuellement, je reconnais simplement une relation que je n'ai que trop connue et vécue jusqu'à ma trentième année. Quand je te lis, je vois souvent des éclairs de mélancolie qui commencent à déboucher sur des retours sur toi qui pourraient t'être profitables si ton téléphone ne sonnait pas dans les deux minutes ou si ne débarquait pas aussitôt ta joyeuse bande d'amis-famille qui t'en ressortent pour te replonger dans le tourbillon soirées-finesse-glamour-délire qui, si elles remontent parfois le moral, permettent surtout de ne penser à rien.
J'entretenais moi aussi le même rapport avec une mère super copine, deux frangins éternels ados et plein de potes du même genre. Rassure-toi, je ne les ai pas quitté, j'ai juste un peu mieux marqué mon territoire, condition nécessaire pour pouvoir grandir.
Il suffit de te lire: dès que tu retournes dans le giron familial, c'est un retour à l'enfance, que tu recherches toi-même, qui te sécurise, mais qui te maintiens en sur-place. Ta maman, toute sympathique et exubérante qu'elle soit, te maintient dans cet état - sans peut-être s'en rendre compte - en s'invitant chez toi à l'improviste, en te téléphonant sans cesse - même lorsqu'elle sait que tu es avec l'homme que tu aimes, ou lorsque tu aurais envie d'être seule ou que tu as tout simplement prévu autre chose. Alors, c'est raconté de manière légère, qui amuse beaucoup tes lecteurs, mais, pour moi qui ai connu ça, je sais à quel point c'est envahissant et néfaste. Même si, sur le moment, on prend ça à la rigolade "Ah la la, incorrigible, ma mère!" Il y aura un moment où la saturation va arriver et où le clash rendu inévitable sera très douloureux parce que mal compris.
Couper ce fichu cordon ne veut pas dire stopper toute relation, mais simplement en modifier la teneur, passer de la relation maman-petite-fille qui ne veulent pas grandir (oui oui, c'est bien au pluriel) et se cachent derrière une illusion de copines-on-se-dit-tout, pour enfin avoir une relation juste et vraiment épanouissante entre adultes.
Une fois de plus, je te dis ça en toute sympathie car je ne reconnais que trop celle que j'étais il n'y a pas très longtemps et qui s'est décidé un peu tard à grandir et s'affronter seule.
Re: Je vais me faire jeter des pierres, mais
Entre une écriture (avec les emphases et les embellissements ou exagérations que ça implique chez certains) et la réalité, il y a parfois une énorme différence.
De plus, je trouve dangereux de remettre en question les relations familiales d'une personne, comme tu le fais, sur le Net. Ca peut être très destabilisant pour l'autre et, au lieu de l'aider, ça peut lui faire beaucoup de peine.
Re:
Chrystabel,
Je rejoins Jonas et Vendredi dans ce qu'ils t'ont répondue.
"Joumana" c'est la part de moi que je décide d'exposer, elle est amputée de certaines émotions, certains sentiments, et d'une certaine mémoire.
La relation que j'ai avec ma mère est une relation qui a beaucoup évolué, qui a traversé de nombreuses phases, c'est une relation qui nous appartient, et quoique tu puisses en penser, nous y avons trouvé un équilibre.
Ma mère n'est ni ma copine, ni ma fille. Ma mère est juste ma mère. Et au-delà, une femme que j'admire, que je respecte et que j'aime.
Pour ce qui est de mon rapport avec les hommes, et en particulier aujourd'hui avec l'homme que j'aime, et les problèmes que nous avons, je ne tiens pas pour responsable la relation que j'ai avec ma mère.
Cette relation avec Lui, je l'ai assumée entière.
Lui seul est en train de détruire ce qui nous lie.
Encore une fois, les "mots d'ici", et l'image extérieure que je renvoie à travers Joumana ne sont qu'un prolongement de moi, ce n'est pas tout moi, et je n'ai pas tout dit de cette relation avec Lui.
D'autre part, chaque histoire est différente. Tu reconnais des signes de ton vécu dans ce que j'écris mais je ne suis pas comme toi, tu n'es pas comme moi, ma mère et la tienne sont différentes, nos passés et caractères aussi, nos réactions forcément aussi.
Il y a du vrai dans ce que tu écris, il est vrai que j'ai besoin de ma mère, de ma tante (l'autre 2ème bout de mon cordon ombilical ;-)), de mon frère (ah peut-être le 3ème bout du cordon aussi ;-)), de mes amis, et que bien souvent, je m'étourdis.
Oui, mais j'ai trouvé un équilibre seule, vivant seule depuis 9 ans, et je me suis affrontée seule depuis bien longtemps déjà.
Alors quel mal y a-t-il à partager avec ceux que l'on aime et qui vous aiment des rires plutôt de rester chez soi à pleurer sur son moi intérieur pendant des heures?
(Enfin ça je le fais aussi hein).
Evidemment, j'ai décidé d'exposer une part de ma vie et mes ressentis ici, tu as donc entièrement le droit de donner ton avis sur ce que tu lis.
Sinon j'aurais choisi une version papier anonyme.
Mais juste ... ne te trompe pas d'histoire.
Bonne journée,
Joumana

