Joueb.com
Envie de créer un weblog ?
ViaBloga
Le nec plus ultra pour créer un site web.
Débarrassez vous de cette publicité : participez ! :O)

J'ai une fleur fânée dans le ventre



(Une impasse, 1er arrondissement, Paris)

"Le cerveau est capable d'ignorer la réalité immédiate, c'est-à-dire ce qu'il voit, pour s'adapter à ce qu'il croit qu'il doit voir ou à ce qu'il désire voir.
[...]
Cette histoire ne correspond pourtant pas à la réalité mais à ma reconstruction de la réalité.
Et dès lors que ma mémoire réinterprète, ajoute ou soustrait au gré de ses caprices, cette histoire n'est pas réelle mais pure fiction littéraire.
La pratique littéraire veut qu'on intercale des détails circonstanciels et qu'on accentue l'emphase."

Aime-moi, por favor!, Lucia Etxebarria.


1.

Je fais ce rêve.

Je suis dans une salle de cours, je vois un bec Benzène sur la table aux carreaux blancs, devant moi, il y a un flacon, à l'intérieur il y a un liquide rouge, il faut que je le chauffe, une araignée se débat à la surface du liquide, je l'attrape entre mes doigts, je souffle doucement sur elle, elle devient un minuscule chat, je ris parce-qu'il a des pompons couleur paille au bout des pattes, et les agite à la manière d'une Pom-Pom-Girl, je me dis que je vais l'adopter, des personnes sortent, je suis seule et je construis une petite boîte avec des toboggans rouges pour le petit chat Pom-Pom-Girl, je le mets dedans, et il se re-transforme instantanément en araignée et se fait écraser par un tapis roulant de caisse de supermarché, je trouve ça drôle, je trouve ça très triste aussi, derrière moi, un homme m'embrasse dans le cou, répète qu'il est là, qu'il m'aime, que tout ira bien, je veux me retourner, je ne peux pas, je ne vois pas son visage, je sors dans le couloir, l'homme me serre dans ses bras, le couloir est très long, très noir, j'ai le nez dans le pull de l'homme, je lève la tête, son visage est effacé, j'ai peur, je cours, une femme très grande, presque géante, m'attend au bout du couloir, les bras ouverts, je me jette dans sa robe ivoire, je l'ouvre, et dans les plis, je vois une fleur, je l'ouvre, entre les pétales, elle est là, toute petite, je la regarde, elle a des cheveux très noirs, des yeux très noirs aussi, elle me dit tu croyais que c'était qui?, j'ai envie de crier, parce-qu'en face de moi, c'est mon visage qui me fixe d'un air méprisant.

Je me réveille en sursaut, une odeur de poussière dans les narines.

Inracontable a dit la formatrice, inracontable oui, j'ai du mal à revenir sur ces six jours de formation que j'ai suivis, tellement de choses, tellement de mots, tellement de découvertes, je crois que j'y reviendrai, peut-être, plus tard, ou non, j'ai encore du mal à tout démêler, j'ai encore en tête cette formatrice, cette Libanaise aux jupes colorées, vivante, spirituelle, lumineuse, qui nous amenait au restaurant chaque midi "ça vous dit si on mange Libanais?", qui n'hésitait pas à étayer ses propos de ses propres expériences, même intimes, même douloureuses, j'ai gardé dans un coin de cerveau ses phrases qui sonnaient comme des évidences "ça existe parce-qu'on l'a rêvé", ses paroles déculpabilisantes, dédramatisantes "il t'impressionne? Imagine-le avec une tare sexuelle!", sa joie de vivre qui semblait inaltérable, sa façon de nous amener à trouver les réponses en nous, et sa manière d'extraire nos croyances et valeurs en quelques questions.

Et il y a eu ces rencontres, ces personnes de milieux complètement différents, ces personnes à nu soudain, il y a eu mon coup de foudre pour cette grande blonde proche de la quarantaine, cette femme à l'autorité douce, et chaque matin, elle m'attend avec un grand sourire, dit à ma mère Joum vient à côté de moi, je suis sa deuxième maman, et on rigole comme deux gamines, en courant régulièrement aux toilettes pour nos "pipis-alerte-maximale!", on fait les mises en situation ensemble, on se découvre, elle, ce manager, cette grande fille qui semble froide, sans mari, sans enfants, très intimidante, elle qui avait affirmé être dans ce stage par obligation finit par me murmurer je sais que je veux le faire, enfin, je vais partir faire de l'humanitaire, elle a les yeux qui brillent, j'ai des larmes plein les paupières en la regardant, la formatrice intervient "surtout, écoutez-vous, c'est le seul moyen d'arriver à être bien, apprenez à décoder les signaux que vous envoie votre corps, écoutez vos ressentis", ma grande blonde me regarde, "Joum, tu sais, je n'ai pas voulu d'enfants, tout le monde m'a beaucoup critiquée, mais aujourd'hui, je me sens en accord avec moi, je me suis écoutée", en bas d'un escalier, on se quitte, déjà nostalgiques, elle me répète qu'elle y croit, avec moi, pour moi, je baisse les yeux, j'ai ses paroles gravées en moi, ce qu'elle m'a dit, dans ce couloir, lorsqu'elle avait sa main sur mon épaule, et je baisse toujours les yeux, je la regarde une dernière fois, je l'imagine au Burkina Faso, sans son maquillage charbon, je l'imagine, radieuse, dans sa générosité débordante.

Il y a eu ma mère, évidemment, drôle, sûre d'elle, une après-midi, elle expose ses valeurs au groupe, et je la regarde, ma mère est magnifiquement constante dans ses convictions, c'est comme une découverte, de la voir, si petite, si déterminée, si engagée et moi, je me sens un peu noyée au sein de ce groupe, très fragile au milieu de toutes ces carapaces qui s'ouvrent, alors je reste réservée, je parle doucement, j'écoute beaucoup, l'eau envahit souvent mes yeux, pour un mot juste, pour une révélation, pour des personnes qui se révèlent authentiques sous les costumes, la formatrice glissera à ma mère dans le métro "si votre fille veut de l'aide, elle peut m'appeler", je reste silencieuse, c'est une sensation très étrange de m'être retrouvée dans une situation où l'on m'a perçue comme bancale, mélancolique, déboussolée, il se trouve que pendant ces six jours, j'ai perdu le contrôle, j'ai lâché la bride, j'ai tout laisser entrer ou sortir, je me suis retrouvée face à moi, et c'était douloureux, c'était troublant, c'était vital.

2.

Je fais ce rêve.

Je suis dans une grande maison blanche, j'entends une femme rire à l'étage, mais je reste en bas, je dois finir de faire ce gratin, je mets une couche de fromage, une couche de pêches, on dirait des boyaux, je me dis que ça risque d'être sacrément mauvais, le plat n'arrête pas de grandir, je me sens angoissée, à l'étroit dans mon corps, une odeur putride m'envahit les narines, je n'aurai jamais fini à temps, j'entends toujours la femme rire à l'étage, je lui crie d'arrêter, que je ne peux pas couper les pêches, qu'elles deviennent de plus en plus grosses, leurs peaux rugueuses griffent mes mains, mais le rire devient plus strident, je mets les mains sur mes oreilles, je monte des marches fendues, je monte, je trébuche, je monte, mais je n'arrive jamais à atteindre l'étage, le rire me fait mal, j'ai froid, je suis assise sur une table, qui descend, je sais bien qu'elle va s'écraser sur le sol, une femme me tend la main, je l'attrape, elle me tire à elle, je me retrouve contre elle, elle me dit qu'elle va devoir s'absenter quelques jours, elle pleure, et soudain, je ne peux plus respirer, parce-qu'entre son cou et mon visage, il y a un gros citron noir qui a poussé. 

Je me réveille en sursaut, une odeur de poussière dans les narines.

Je l'ai attendue au milieu de cette place, j'étais en avance, elle m'a écrit je vais être en retard, alors j'ai compté tous les carreaux par terre jusqu'à atteindre l'escalator. J'ai pris une photo des marches qui montaient, montaient, et qui repassaient, repassaient, inlassablement, au même endroit. Un homme me regardait. J'avais les yeux dans le vide. J'ai songé que c'était ça la vie, souvent, on monte, on monte, puis on redescend, on redescend, et on revit les mêmes choses, inlassablement. Et on s'extraie difficilement des cycles. Puis j'ai collé mes mains sur un mur, et j'ai regardé dans des petits trous d'aération. C'était noir, c'était gris, c'était profond. C'était comme être enfermée et regarder le monde à travers une lucarne. L'homme me regardait toujours. J'ai voulu pleurer, et puis j'ai sautillé pour m'appuyer contre un poteau en respirant plus fort la musique qui entrait par mes oreilles. J'ai regardé ma photo de l'escalator, et je l'ai trouvée étrange. Le mouvement figé des marches faisait apparaître des lignes distordues qui jamais ne se croisaient. Ca m'a fait peur soudain.

Elle est arrivée. J'ai tout de suite vu qu'elle était fragile elle aussi. Elle a dit j'ai piqué les chaussures de ma copine, elles sont trop grandes. Et moi je flottais dans mon haut. On a marché côte à côte. On s'est assises dans un bar. On a commandé deux mojitos. Elle a hésité avant d'ouvrir la bouche. Je lui ai dit alors, raconte-moi. Et elle a parlé. Au milieu du flot de ses mots, j'ai souvent senti les larmes piquer mes paupières. Il y avait de l'écho en moi, des mots qui broyaient les entrailles et des instants graves cachés entre les regards vacillants. On a recommandé deux mojitos. A minuit, j'ai mis une main sur son épaule, j'aurais voulu la serrer contre moi, elle a dit merci, j'ai beaucoup parlé hein, j'ai souri, je n'aurais pas pu parler de toute manière, je ne voulais qu'écouter, on se quitte, chacune prend son escalator, les pieds bien ancrés dans nos cycles respectifs, inlassablement, et je songe à ce qui respire au creux de son ventre, à elle.

Il y a un souffle chaud qui me balaie le corps, j'ai un ruisseau qui coule le long de mon dos, je fume nerveusement une cigarette devant l'hôpital, je l'écrase vite, et je prends l'ascenseur, lorsque les deux portes métalliques s'ouvrent, elle est en face de moi, toute petite, toute rose, deux nattes blondes sur les épaules, elle rit "ah t'es là!", je la suis dans sa chambre, elle s'agite, me montre tout, parle sans arrêt, je la regarde, on sort quelques minutes pour prendre l'air, on s'assoit sur un banc, elle dit "il est lourd mon sein, tellement lourd", je pose ma main en-dessous de son sein, la peau est tendue et chaude sous ma paume, "allez tata, bientôt, t'auras des petits seins!", elle sourit, un peu, je tourne les yeux, un peu, on remonte dans sa chambre, elle chouine parce-qu'elle ne veut pas manger, à la manière d'une gamine, "regarde, une soupe, nan mais on n'est pas en HIVER, TSSSS!", je ris doucement, je mange un abricot pour l'accompagner, le médecin débarque, elle dit "et je me fais opérer par qui hein? Par le CHARCUTIER??", on rit, le médecin me demande de sortir, je reviens une demi-heure plus tard, ma tante me montre ses seins quadrillés au feutre noir, "je suis tatouée!!", et on rit encore, elle fait la capricieuse, ne veut pas finir son fromage, ne veut pas laver ses cheveux à la Bétadine "ils vont sentir mauvais, je vais faire comment après pour me les laver??", je lui dis que je lui laverai les cheveux, "il est beau hein mon pyjama? Pfff, et ce feutre-là, j'espère que ça va pas tâcher mon MAGNIFIQUE pyjama!", et on déambule dans les couloirs, on redescend prendre l'air, j'aime les hôpitaux, cette odeur qui flotte contre les murs, je regarde tout, les ustensiles sur les chariots, les spécialités inscrites en lettres blanches sur les parois de l'ascenseur, on croise des infirmières, je voudrais poser toutes ces questions qui me taraudent, je souris à ma blonde-rose-bonbon, plus tard, je la laisse, j'ai les intestins en forme de ses nattes et j'appelle ma mère.

Le lendemain, lorsque j'entre dans la chambre, elle est assise, elle tresse ses cheveux, je dis laisse, je vais te faire ta natte, elle a dans ses gestes toute l'indolence d'une post-anesthésiée, je lisse ses mèches blondes entre mes doigts, je colle mon nez contre son crâne, je respire l'odeur de Bétadine, son pansement lui enserre la poitrine comme un corset, "on dirait une princesse tata!", elle grommelle "je peux pas respirer et puis j'ai soif, ils ne veulent ni que je boive ni que je mange avant demain, tu te rends compte?? Il paraît que c'est le PRO-TO-CO-LE!!", elle me dit de regarder ses seins, au-dessus du pansement, "alors, c'est comment?", c'est étrange, un peu cru, il y a du sang, des fils, de la peau translucide, des veines qui courent, des traces oranges, je songe aux autoportraits de Frida Kahlo, à la féminité meurtrie, je lui souris, ça me fait mal soudain cette fragilité dans ses yeux, et puis tout de suite, elle rit, on regarde Ma sorcière bien-aimée à la télé, elle dit que ça la brûle dans la poitrine, dans l'estomac, dans les bras, je baisse doucement le débit de sa perfusion, elle râle "pffff mon BEAU pyjama rose, regarde, il y a une grosse tache de sang, je vais faire COMMENT, MOI, POUR LE SAUVER mon PY-JA-MA RO-SE??", je ris encore, et je l'emmène aux toilettes en portant ses flacons de Glucose et d'anti-douleurs, petite procession titubante, colorée et bruyante "tiens-les bien hein, sinon le sang il va encore remonter!!", l'infirmière débarque "NAN MAIS C'EST PAS POSSIBLE CA HEIN, je vous avais dit de NE SURTOUT PAS BOUGER!!", ma tante râle encore "pfff mais j'ai QUAND MÊME LE DROIT DE FAIRE PIPI!! Je vais pas tomber, c'est bon, je SAIS ME TENIR!", plus tard je la laisse, elle dit qu'elle va manger une compote en douce, puis elle me regarde "c'est bon, ne t'embête plus Nénette, t'es déjà venue 2 fois, t'as fait ton devoir!", elle sourit et moi je me sens triste soudain, il n'est pas question de devoir, il se trouve que j'ai peur, il se trouve que je veux être là, avec elle et ses nattes blondes, elle et son pyjama rose, elle et ses jérémiades enfantines, elle et sa vulnérabilité masquée.

3.

Je fais ce rêve.

Je suis dans une grande chambre, il y a des tapis sombres et rouges sur le sol, au centre, une fontaine, j'entends le clapotis de l'eau, entre les persiennes passent quelques rais de lumière qui me font mal aux yeux, je ne distingue pas les contours de la pièce, elle est peut-être ronde, elle est peut-être carrée, je sens une main qui se pose dans mon cou, je me sens bien tout à coup, j'ai chaud, j'ouvre les lèvres, devant moi, des chuchotements qui vibrent entre des corps, il y a des langues qui glissent sur des peaux moirées, des mains ambrées qui s'enroulent, je suis allongée parmi des femmes aux épaules veloutées, elles rient, elle dansent aussi, leurs chevelures sont brillantes dans la pénombre, je mange des gâteaux, je suis face à un miroir, je regarde mes bras, mes seins, j'ai du miel qui coule sur les cuisses, il y a un mystère comme une brise douce qui m'enveloppe, je suis seule, je me sens triste peut-être, je plonge dans l'eau parfumée de la fontaine, ma voix résonne comme dans une huître vide, je vois un visage, il me semble que c'est un homme, je vois une tunique transparente, je tends la main, j'effleure un ventre, je vois des dents blanches entre les lèvres nacrées, le visage s'approche du mien, des cheveux s'enroulent autour de mon cou, comme un serpent, j'étouffe, je caresse une peau, je lèche un cou, ma main se glisse entre des cuisses, j'ai peur soudain, je m'écarte, elle a les plus beaux seins du monde, ronds, lisses, brillants comme des émeraudes, et je trouve étrange qu'elle me murmure je suis dans ta vie

Je me réveille en sursaut, une odeur de poussière dans les narines.

Et tous les soirs, en attendant le RER sur le quai, la torpeur fond sur mon corps, et je mets mon visage entre les barreaux de la grille verte, enfermée, très loin, j'ai envie de partir, très loin, j'ai envie de peau sur le sable, très loin, j'ai envie de sel sur la peau, très loin, le vent colle ma jupe contre mes cuisses, je sens qu'un homme me regarde, le soleil me fait mal aux yeux, sous les rayons qui la traversent, ma jupe jaune devient transparente, j'ai de la sensualité qui court en filets mouchetés sur la peau, ça fait très mal tout à coup, ces envies de bras, je ferme à demi les yeux, des arcs-en-ciel accrochés au bout des cils, je regarde à travers les petits ronds lumineux, la rue devient pailletée, les personnes sont de toutes les couleurs, on dirait des pantins qui s'agitent, désordonnés, très joyeux, aux regards fixes, peut-être même beaux, j'écoute Abba, je chante silencieusement, won't somebody help me chase these shadows away (*), je rêve d'un autre monde, take me through the darkness to the break of the day (*), je me sens seule.

Dans le RER, je regarde cette femme, sa peau ébène, lisse, magnifique de pureté, il y a ce bleu turquoise sur ses paupières, cette fleur bleue dans ses cheveux, cette bouche charnue, cette bouche caramel, je ne peux pas détacher mes yeux de son ovale parfait, j'aime l'orgueil qui teinte ses regards, dans le métro, je regarde toutes les femmes, sans pudeur, j'aime voir des épaules abricot, des nuques chocolat, des bouches cerise, à côté de moi, il y a cette femme enceinte, je regarde son ventre pomme, j'imagine les battements de coeur à l'intérieur, ce petit bourgeon qui va fleurir, j'ai envie de poser la main sur la peau tendue, elle surprend mon regard, elle me sourit, je lui souris, elle est simplement à croquer dans sa maturité épanouie.

Plus tard, il y a ces épaules dénudées, ces premières gouttes de sueur sur les fronts, ces soupirs las, brûlants, ces odeurs de parfum, de déodorants, de transpiration, il y a toute cette immobilité et cette mollesse qui prennent les corps, les peaux se dissolvent sous les vêtements, je sens cette intime proximité soudain, je respire, il y a cette émanation globale d'un amas de chairs collées, de cuisses moites, d'haleines chaudes, c'est oppressant, c'est fiévreux, c'est écoeurant, je ferme les yeux, je me sens sale, je me sens envahie, je me sens plusieurs, je sors, je monte les escaliers, à la surface, le soleil me frappe le visage avec violence, la place est inondée d'une douce chaleur, mais il y a ce petit vent frais, cette odeur de pierres, mêlée à l'odeur d'herbe coupée, j'ai envie de faire l'amour instantanément, le soleil c'est comme une main posée sur le ventre, comme une caresse longtemps désirée, comme mille doigts déployés entre les jambes, les ventres deviennent des plantes carnivores, il y a de l'érotisme léger dans l'air, et la saveur sucrée de la jouissance en suspension, l'été est là, enfin, je croise l'actrice Zoé Félix chez Zara, elle a une robe rose, j'achète une robe jaune, je rentre en chantant, je croise ma jolie nouvelle voisine, elle me sourit, son copain rit "ah c'est Voisine!", j'arrête de chanter, ils ont les mêmes yeux, on dirait un frère et une soeur, c'est troublant, jolie-nouvelle-voisine a un sourire très doux, et des longs cheveux qui coulent dans son dos, je voudrais la peindre, je quitte rapidement son regard, chez moi, je mange un yaourt à la vanille, j'enfile ma robe jaune et je mets de la musique orientale.

Dans un bar, un soir, au milieu de nos rires éthyliques et de nos confidences étalées, elle me dit "mais avec les filles, t'as jamais rien dit ... il s'est déjà passé des choses avec une fille?", je sens comme une grande flamme monter en torpille jusqu'à mes oreilles, c'est comme se retrouver nue en une seconde, comme avoir des pensées agrafées sur le front, elle rit "Joum, j'ai réussi à te faire rougir!", je trempe mes lèvres dans le vin, je respire, un peu, mon regard qui s'envole, derrière, sur le mur ocre, à l'intérieur de ce cadre noir, le dessin s'efface, il y a tout à coup des souvenirs qui dansent, des cheveux qui caressent mes paupières fermées, et des mains qui sautillent le long de mon bras, légères et vaporeuses, sur ma langue, le vin laisse un goût âpre, je lui souris, je ne sais que dessiner les femmes, le désir est une énigme, la peau des femmes est douce et je reste fascinée par leurs corps.

4.

Je fais ce rêve.

Je suis sur une grande place, j'attends encore, je suis avec mon frère, avec des amis, j'ai l'impression qu'il y a un grand départ, parce-que j'ai très mal au ventre, et que l'on m'embrasse en me disant d'être forte, il manque quelque chose, ou quelqu'un, je ne sais pas, mais j'ai un adieu à faire, je regarde mon frère, il dit que l'on est trois, je regarde mon ventre, je le touche, il est plat, presque creux, je ne comprends pas, je regarde autour de moi, une voiture noire arrive, la portière s'ouvre, une très forte odeur de fleur d'oranger me submerge, je n'aime pas cette odeur, alors je cache mon nez dans mon écharpe, je la vois descendre, souriante, radieuse, j'agite ma main dans sa direction, elle vient vers moi, je vois son ventre rond sous une robe violette, elle s'approche très près de moi, je l'embrasse, elle dit c'est pour toi que je la porte Joum, je touche son ventre, je la regarde, c'est ma mère. 

Je me réveille en sursaut, une odeur de poussière dans les narines.

Il est quatre heures de l'après-midi et je dis viens on va au cimetière, ma mère me regarde en silence, puis elle murmure mais j'ai pas de fleurs, je répète viens on va au cimetière, on va la voir, elle devient grave soudain, et je la vois cueillir des fleurs dans le jardin, des petites, blanches, elle met une pivoine au milieu du bouquet et on monte dans la voiture. En entrant dans le cimetière, c'est la même sensation qu'à chaque fois, ce silence, cet apaisement, cette tendre nostalgie, "Déjà petite, tu voulais toujours venir avec moi quand je venais ici la voir", j'aime les cimetières, j'aime errer entre les tombes, les noms gravés sur le marbre, les destins enfouis, à réinventer, on marche dans les allées, un peu paumées, et on arrive devant sa tombe, à elle, ma grand-mère que je n'ai jamais connue, je regarde ma mère s'agiter sur le marbre gris, elle nettoie, rince, dispose les fleurs, je reste immobile, je dis il est beau ce nom, je n'en avais jamais pris conscience, ma mère dit elle était belle, et moi je comprends, tout de suite, un éclair me déchire en deux, je me sens comme ivre, j'entraîne ma mère dans les allées, on s'arrête devant les tombes, on imagine les histoires, on est gaies, on est au bord des larmes, on remonte dans la voiture, le gravier crisse sous les pneus, ma mère murmure la pivoine était fermée, je la regarde, je dis tant mieux, elle va s'ouvrir, je sens dans ses pupilles qui brillent qu'elle a compris elle aussi.

Alors pour moi, ma mère déplie sa mémoire, je la suis partout dans la maison, avec un carnet, avec Sexapple, elle fait la cuisine, je suis assise à la table, elle est dans la salle de bains, je suis assise sur la cuvette des toilettes, je note, tout, le moindre fragment de souvenir, le moindre éclat d'âme, la moindre bribe du passé, je sais combien c'est dur pour elle, et lorsque j'écris ce qu'elle raconte, j'ai des frissons qui courent sur mes bras, au coeur de la nuit, je retrouve ces photos jaunies, cornées, ce visage aux sourcils noirs et fiers, et glissés quelque part entre ces cheveux ébène lissés et ce sourire fragile, je vois des traces de ma mère, de ma tante, je pense aux destins brisés, je pense à l'histoire dans l'Histoire, je songe à ce film, Marie-Antoinette, à la robe blanche qui effleure l'herbe, aux mains qui volent, à la frivolité mélancolique, aux rêveries doucereuses, je rêve aux pâtisseries colorées.

Et je sors tous les carnets de partitions de ma grand-mère, entre les pages aux odeurs de poussière, il y a ces innombrables paroles et notes de Tango, Valse, Rumba, Paso Doble, je regarde tout à la loupe, les mots griffonnés ça-et-là, à l'encre noire, je songe à la Tunisie, je songe à l'Italie, je pense à la maladie qui prend le corps, je pense à la pauvreté qui prend l'esprit, je pense au rêve qui prend le ventre, je lis les paroles des Tangos, je regarde mes mains, j'imagine les siennes qui courent sur les touches du piano, je m'allonge dans le noir, il faudra que je m'extraie de moi-même, une fois de plus, il faudra que je devienne autre, une fois de plus, je regarde le rond de lumière qui danse sur le mur, je vois ce pont qui me rapprochera d'elle, ce sera une héroïne, ce sera une enfant, ce sera une femme, je songe à cette pivoine fermée du cimetière, je ne saurais pas écrire avec raison, j'écrirai cette histoire avec mes tripes, avec mes origines, avec ma propre mémoire répudiée, le vélux grand ouvert, je regarde la nuit, mon corps tremble un peu sous le vent, je caresse ma peau, elle a de nouveau des secrets pour moi, je réinventerai chaque seconde, j'apprendrai à danser le Tango, je laisserai mes mains effleurer le piano, ça prendra du temps, des années peut-être, mais j'aurai ce destin-là sous les yeux, enfin.

5.

Je fais ce rêve.

Je suis dans une grande maison, je range des serviettes, des draps, des torchons, je secoue les tapis, je lave par terre, je suis seule, soudain, j'entends une alarme, un voyant rouge s'allume au plafond, je sais ce que cela signifie, je ferme toutes les fenêtres, toutes les portes, des murs métalliques se dressent tout autour de la maison, mais il y a un espace, juste un interstice près de la porte d'entrée, je sais ce que cela signifie, alors je cours dans la maison, il faut que je me cache, je cours, et puis je m'arrête, je décide de ne pas me mettre dans un placard, je me sens très lasse tout à coup, mes mains sentent l'eau de javel, j'ai les yeux qui brûlent, je me pose devant le couloir, je relève la tête, et j'attends, il arrive, j'entends ses pas, il ouvre la porte, il est face à moi, je ne vois plus rien, il fait noir soudain, j'entends sa voix qui me dit on va manger, je suis dans une cuisine éclairée, très jaune, il y a deux assiettes sur la table, mais je n'ai pas faim, alors je sors de la maison, il y a une grande prairie devant moi, j'ai peur soudain, parce-que je ne vois pas la ligne d'horizon.

Je me réveille en sursaut, une odeur de poussière dans les narines.

Toi, l'Ulysse de pacotille, tu es fou, inlassablement, tu me donnes tes mots en pâture, je continue de les mâcher, saveur aigre-douce qui parfume le bout de ma langue, tu veux connaître mon enfance, tu veux comprendre ce qui se cache derrière le voile, tu veux l'histoire complète, et je sens le danger, je me replie encore au fond du coquillage, avec ce goût de sel au fond de la gorge, toi, tu voles mon désir trop souvent, je voudrais te supplier de me laisser, je voudrais te supplier de m'oublier, je voudrais te supplier de m'aimer, tu es comme une épine profondément implantée dans mon talon, je titube souvent, je m'habitue de plus en plus et je marche toujours, de mieux en mieux, il y a cette tige qui remonte jusque dans mon ventre, ces tentacules dépliées dans mes bras, ces épines sous mes ongles, mon enfance est à moi, laisse-la moi, je garde mon voile, tu le sais pourtant que la mer se retire doucement en effaçant les traces de pas, moi, la Pénélope de pacotille, je répète, je répète, je n'attends rien, je ne tisse plus, je me fous de tout, je renverse tout, je n'ai aucune vision au-delà de quelques heures, je ne veux plus rien construire, je cours après des fantômes que j'abandonne en chemin, je deviens sans avenir, j'ai cette vague intuition que de toute manière rien ne se fera comme je l'avais rêvé, je répète, je me répète, peut-être que je suis folle aussi.

Elle, elle m'a donné ce sujet "les peurs au ventre", alors j'ai songé à cette tige, là, la maladive, celle que je berce amoureusement à l'intérieur, il y a des souvenirs qui tachent l'existence, il y a des mots qui se cachent dans les veines, il y a des gestes qui s'incrustent sous la peau, il y a des choses secrètes qui se blottissent sous le plexus et qui ne se délogent jamais, il y a des nuits que j'oublie dans un battement d'aube, ma peau qui ondule comme une vague, je respire ma liberté jusqu'au fond des entrailles, je me fais indécente, j'use ma peau, j'use ma mémoire, j'use ton ombre, je comble, je remplis, je jouis donc je suis, il y a un vent froid qui me traverse encore, j'ai fait couler mon désir dans l'alambic du présent, les molécules de l'amour se sont évaporées, quelque part pendant la distillation, quelque part entre ta peau et la mienne, quelque part au sein de ces milliers de kilomètres, j'ai peur, tu sais, je suis terrifiée, je ne sais plus si je pourrais encore aimer un homme, je ne connais plus que les couleurs affadies des peaux-à-peaux sans battements de coeur, je voudrais pouvoir encore en pleurer, mais je ris, du chocolat qui fond sur la langue, du vin qui coule le long de ma gorge, derrière le rideau, je répète, je me fous de tout, je répète, je me fous de toi, je me répète, encore, je suis une comédienne ennuyeuse, j'essaie de mettre un pied hors du cycle, je ne connais plus mon texte, parce-qu'il y a cette putain de cicatrice, là, qui me déchire le ventre, celle née de nos retrouvailles et échappées incessantes, j'ai beau la nier, la soigner, la couvrir d'autres peaux inconnues, j'ai beau faire semblant de ne rien voir, je sais que je l'aime, comme un parfum d'antan sous les narines, comme une odeur de fleur fânée.

Entre mes murs jaune tournesol, je lis ces mots de Paul Auster, "si les années m'ont appris une chose, c'est ceci : du moment qu'on a crayon dans sa poche, il y a de fortes chances pour qu'un jour ou l'autre on soit tenté de s'en servir" (**), je regarde mon crayon de papier orange et noir et je souris, j'écoute Jeff Buckley, ça faisait longtemps, but all I've ever learned from love was how to shoot somebody who outdrew you (***), je pleure un peu, c'est comme croquer du sublime en papillotes, j'écris des phrases sur des feuilles, et je froisse ces papiers entre les doigts, juste pour sentir que je peux encore changer la forme d'un désir sans pour autant le détruire, il y a cette musique qui fait trembler l'air et cette voix qui berce tendrement mon ventre, it's not a cry that you hear at night, it's not somebody who's seen the light, it's a cold and it's a broken hallelujah (***), je décide d'accepter de voir, alors petit à petit, je déroule le fil au milieu d'un fatras de souvenirs poussiéreux, jusqu'à dénicher ce qui s'est logé sous mon plexus, parce-que je fais ces rêves, sans cesse, parce-que j'y vois des signes, sans cesse, parce-que sous le plexus, ça fourmille, sans cesse, cette peur, la seule, qui surgit des draps trempés, 
tu le sais, toi qui me lis, il n'y en a qu'une, tu as la même, ce n'est pas possible autrement, c'est celle de ne jamais plus aimer avec ton ventre, du fond de tes entrailles, celle de ne plus être aimée, celle d'être abandonnée, celle d'être seule.

Celle de ne plus exister.
 

6. 

Six.
Mois.
Déjà écoulés.
Depuis le début.
De cette année.

Et je fais encore ce rêve insensé.

Il faudrait que de cette fleur fânée naisse cette pivoine.
Juste là, au bout de mes doigts.
Insensé j'ai dit.

Il se trouve que je n'ai jamais eu la main verte.




(*) Gimme! Gimme! Gimme! (a man after Midnight), Voulez-vous, Abba
(**) Le Diable par la queue, suivi de Pourquoi écrire?, Paul Auster.
(***) Hallelujah, GraceJeff Buckley.

Ecrit par Joumana, le Mercredi 21 Juin 2006, 00:20 dans la rubrique Chabadabada.

Commentaires :

legamin
21-06-06 à 09:00

Merci

Merci.


 
joumana
23-06-06 à 10:19

Re: Merci

:-))

 
Je sais plus mon nom
21-06-06 à 14:49

Ca n'a pas du être un texte évident à écrire... Ton travail de "découpage émotionnel" est courageux: tu n'as aucune indulgence envers toi-même...c'est toujours très émouvant de te lire Joumana alors merci.

Bon courage à ta tante.

J.


 
joumana
23-06-06 à 10:20

Re:

Oui pas facile mais nécessaire je crois...

Ma tante va mieux : elle a de nouveau un balai scotché à la main!


 
ElleS
21-06-06 à 15:31

Si pour t'aider, je pouvais seulement t'offrir une pivoine venant de mon jardin ...
c'est si beau ce que tu écris


 
joumana
23-06-06 à 10:21

Re:

C'est l'intention qui compte, merci Elles :-))

 
alberto
21-06-06 à 16:24

Toi tu pourrais écrire des bouquins très épais !
Titre proposé : “Dans six mois c’est Noel”
Contenu : Tu as 6 mois pas 9 pour faire naître un bébé. Il nait dans 6 mois (pas 9), mais c’est un miracle, car, chose unique : ce bébé n’a pas besoin de couveuse.
Tout ça pour dire qu’il est des naissances innatendues, miraculeuses, qui prennent parfois moins de neuf mois, parfois plus, parfois des années !
Voilà en tout cas un bon rêve à faire !
On ne sait jamais !

 
joumana
23-06-06 à 10:25

Re:

Je sens que je risque de faire une gestation d'éléphante plutôt hein...(presque 2 ans ;-)))


 
Vendredi
21-06-06 à 17:21

Commentaire au 1.

Chère Jouminette,
comme c'est trop long pour ma petite tête, j'ai décidé de lire un numéro (qui constitue déjà un poste à lui tout seul) à la fois.

Du premier, j'en retiens la phrase essentielle de la formatrice : "surtout, écoutez-vous, c'est le seul moyen d'arriver à être bien".
Je trouve cela très juste : quand on s'écoute vraiment, on se met en valeur pour soi-même, on choisit les personnes qui nous permettent d'avancer et qu'on est à même de comprendre, on ne se laisse pas marcher sur les pieds par des gros cons machos dans le travail, etc.

J'ai beaucoup aimé la description très précise du rêve, et la fantaisie de la description du petit chat et de la boite à tobogans... Peut-être s'agit-il de ta part enfantine ? Quant à l'araignée, j'ai lu, il y a longtemps, qu'elle symbolise les vieilles mémoires (à vérifier auprès d'un pro, d'un psy, bref de quelqu'un qui bosse sérieusement sur la signification des rêves)
Peut-être est-il temps de laisser le passé derrière et d'avancer, forte de toutes tes expériences...

Je me garde le 2. pour demain !
Bisous ! :-)



 
joumana
23-06-06 à 10:29

Re: Commentaire au 1.

Oui j'ai aussi retenu cette même phrase, c'est ce qui m'a semblé le plus important.

Pour le rêve, mmm, je sais pas trop, je sais qu'en général, je rêve de chats quand je ne suis pas très très haute niveau moral. Pour les pompons de Pom-Pom-girl, euh, peut-être j'ai loupé ma vocation? ;-))

Oui mais j'ai besoin du passé pour écrire, et d'écrire pour avancer.

Bisous Vendredasse ;-))


 
Phil
21-06-06 à 17:59

Tu portes un si joli regard sur les femmes que c'est à en devenir jaloux! On sert à quoi nous les hommes? ;-)

Joumana tu es un peu Pénélope: tu n'arrêtes pas de tisser tes rêves, tes souvenirs et tu nous prends au piège de tes émotions intérieures. C'est fort.


 
joumana
23-06-06 à 10:32

Re:

Vous servez à quoi vous les hommes? Mmmm très BONNE QUESTION ;-))))
Je plaisante. Vous servez à nous enquiquiner, c'est déjà pas mal ;-))

Oui je crois que malgré moi, j'ai sûrement un côté un poil Pénélope...pffff.


 
Je sais plus mon nom
21-06-06 à 19:33

En passant...

On dirait pas un blog ici...Jamais vu des articles aussi longs!!! Mais je vais tout lire...ça me plaît.


 
joumana
23-06-06 à 10:33

Re: En passant...

Arme-toi de boissons fraîches, ravitaillement de nourriture, vitamines, etc. C'est long ;-))

 
delest
21-06-06 à 22:01

La réalité, le rêve : une maille à l'endroit, une maille à l'envers. Ton texte est trés beau. Tes mots sont justes. J'ai envie d'ajouter, même si ça peut sembler idiot : tu n'as peur de rien !


 
joumana
23-06-06 à 10:34

Re:

Ah si, j'ai peur de beaucoup de choses. De manquer de chocolat par exemple.

Merci Delest...

 
Mel
22-06-06 à 01:27

Waaah miss Joum tu m'épates de plus en plus, ce que j'aimerais connaître une fille comme toi!
Pour toute cette poésie dans tes mots, ça donne envie de devenir ta mère, ta tante, ton amie, une fille dans le métro, ton Ulysse...

 
joumana
23-06-06 à 10:37

Re:

Des filles comme moi, il y en a des tas autour de toi :-))

 
am-stram-gram
22-06-06 à 12:20

Juste des larmes aux yeux...

 
joumana
23-06-06 à 10:37

Re:

Essuie-les...:-))

 
anouchka
22-06-06 à 13:55

merci...

merci de ton honneteté

merci de ta pudeur

merci de tes mots

merci de ce partage

merci pour cette sensiblité

je t'ai imaginé, je te vois évoluer : une image s'est installée dans ma tête, tel un personnage, et pourtant tu es vraie ; c'est étrange parfois, d'oublier que ces vies que je lis chaque jour, sont bien réelles

toi tu es irréelle d'emotions...


 
Mystérieuse Inconnue
23-06-06 à 00:38

Et derrière l'écran?

A quoi ressembles tu derrière tes mots?
Je suis encore charmée. Tu dois être dangereuse avec ce pouvoir...


 
joumana
23-06-06 à 10:39

Re: Et derrière l'écran?

"Dangereuse"?? Euh, je n'espère pas!!


 
Vendredi
23-06-06 à 00:46

2.

Je pense fort à Tati, Joum'.
Elle va bien s'en sortir ! Y'a pas de raison.
Une pensée pour ta mère, également, et pour toi (et pour ton petit frère qui a essayé de me faire croire que c'était toi, sur MSN, il y a quelques mois, mais que je repérais à ses fautes d'orthographes- sourire)
Je t'embrasse !

 
joumana
23-06-06 à 10:40

Re: 2.

Merci Vendredi :-))
Ma tante va mieux déjà : elle court partout!

 
Vendredi
23-06-06 à 11:47

Elle court partout

Super !!!!!!!!!! :-)

 
Vendredi
24-06-06 à 02:10

3. Jaune, robe, soleil, lumière...

"il y a de l'érotisme léger dans l'air"
:-)
Peindre, écrire, voir, lire, écouter, surprendre des regards...
Des couleurs, des odeurs - beaucoup d'odeurs !

Dis-moi : quel sens donnes-tu as cette odeur de poussière à chaque réveil mouvementé ?

Bonne nuit, ma Joumimi !

 
Vendredi
24-06-06 à 02:14

hum

"as cette odeur"  --> Hou !!! J'ai honte !
à cette odeur, bien sûr ;-)

 
joumana
26-06-06 à 22:05

Re: 3. Jaune, robe, soleil, lumière...

Je ne donne pas d'autre sens que celui de la mémoire qui se réveille. Enfin je crois.

Buona notte ma Vendredasse :-))

 
Je sais plus mon nom
24-06-06 à 14:05

Même si c'est déjà écrit:c'est beau. Merci.


 
joumana
26-06-06 à 22:05

Re:

Merci alors :-))

 
CALDERON
25-06-06 à 15:10

Quel article! Quelle émotion! Quelle virtuosité!

Bravo: tout y est; l'écriture est aboutie, le scénario kaléidoscopique, le sens en quête permanente.
IL FAUT TE FAIRE PUBLIER!!!

Parfois certains passages restent des zones d'ombre quelque peu frustrantes, notamment sur les personnages et les images: allégorie, réalité abstraite ou concrète?
Etoffe un peu plus la description des personnages pour que nous nous sentions plus proches de toi et plongions dans ton univers sucré salé.

Merci encore pour la dégustation,

CALDERON


 
joumana
26-06-06 à 22:09

Re:

Les personnages sont reconnaissables, ce sont toujours un peu les mêmes... Mais effectivement, j'aime mettre un halo autour de certaines phrases. Peut-être pour me protéger. Peut-être pour ne pas être complètement nue.

Il y a de la réalité dans tout ce que j'écris, mais il s'agit de ma vision de la réalité, par conséquent, on peut parler de réalité souvent abstraite.

Merci Calderon...


 
Vendredi
26-06-06 à 22:36

4.

"ce sera une héroïne, ce sera une enfant, ce sera une femme"
"ça prendra du temps, des années peut-être, mais j'aurai ce destin-là sous les yeux"
--> C'est décrire une histoire individuelle, qui fait partie de la grande histoire des hommes.
:-)

 
joumana
26-06-06 à 22:43

Re: 4.

Oui, une histoire parmi les autres...si j'ai le courage!

:-))


 
Vendredi
26-06-06 à 22:45

Sourire

Tu le feras quand tu sentiras le bon moment. Je ne me fais pas de soucis là-dessus :-)
Bisous !

 
joumana
26-06-06 à 22:46

Re: Sourire

;-))

Bisous bisous!

 
Vendredi
28-06-06 à 01:23

5. - 6.

Est-ce toujours le Canadien qui te hante, Joumana ?

 
joumana
28-06-06 à 22:52

Re: 5. - 6.

... On va dire que je suis très nulle lorsqu'il s'agit d'oublier, et il semble qu'il ne fait rien pour ... Ceci dit j'ai encore assez d'insouciance/légèreté/gaieté pour savoir profiter de chaque gramme de mon présent, Pénélope oui, peut-être, mais Pénélope qui s'amuse :-))

 
Vendredi
28-06-06 à 23:06

C'est déjà ça...

Et bientôt "Pénélopsolète", comme disaient Les Nuls ;-)
Et peut-être place à Circée (Hi!hi!)


 
joumana
30-06-06 à 02:36

Re: C'est déjà ça...

;-))

Bisous Vendredasse!

 
M.L.
28-06-06 à 01:33

Joumana...
J'aurais tant de choses à exprimer mais je ne trouve pas les mots aussi facilement que toi.
J'aime lorsque ta voix devient intime. Tu excelles dans la description des émotions...Tu es écrivain,il ne faut plus en douter désormais.

Que t'ont répondu les éditeurs?


 
joumana
28-06-06 à 22:55

Re:

M.L. ...
Je ne doute pas en ce qui concerne mon plaisir à écrire, encore, toujours plus, le reste est une autre paire de manche.
Les éditeurs m'ont répondu en partie non (je commence à avoir une magnifique collection de lettres-types de refus). Mais bon, j'ai pas dit mon dernier mot (je suis suffisamment bavarde d'ailleurs pour toujours trouver à dire).

;-))

 
Meeooow
28-06-06 à 01:36

Moi je n'arrive pas à lire un numéro par jour. Parfois je te lis en deux fois mais ça n'était pas prévu. Parfois je m'arrête parce que je ne peux plus continuer. Quand c'est trop joli j'ai besoin de réfléchir, et mes yeux continuent de lire mais mon cerveau s'est déconnecté. Alors je dois reprendre un peu plus haut, un peu plus tard ^^
Dis, on peut plus blablater dans la rubrique spéciale blabla. Je voulais te dire qu'on ne voit jamais ton nez et ta bouche =) tu ne les aimes pas ? =p
Je viens casiment tous les jours sur ton blog, je ne laisse pas toujours de commentaire parce que je ne sais plus quoi dire. un simple "c'est magnifique" ou une analyse faite par moi même sur tout ce que tu dis. Non allons ... j'adore. Mais viens plus souvent =(

 
joumana
28-06-06 à 23:04

Re:

Oui je sais, c'est parce-que j'ai interdit la rubrique blabla aux anonymes, à cause des spams, je suis désolée!
On ne voit ni mon nez ni ma bouche parce-que je n'en ai pas. Hé ouais. Blague-nulle-à-part, si je les montre, je montre mon visage donc bon hein.
J'essaie de venir plus souvent, mais j'ai très peu de temps en ce moment.

Bonne soirée et merci miss :-))


 
MangakaDine
19-07-06 à 15:45

Que dire...
Tes mots bercent mon oreille. C'est très musical.
Tu vois, c'est long et dense ce genre de texte, alors j'ai tendance à relacher l'attention vers le milieu, et pourtant les mots continuent de couler et chanter dans ma tête, si bien que je ne peux pas décrocher. Tu me retournes.
Je me remettrai à l'endroit quand j'irai lire autre chose. Mais tu t'en rends bien compte. Il faut que tu te rendes compte que c'est quand même assez particulier...

 
joumana
20-07-06 à 18:02

Re:

Désolée, je ne voulais pas te mettre à l'envers (pas pratique pour marcher ah ah ;-))

....Bonne soirée Mamzelle!


 
meeooow
24-09-06 à 14:50

C'est magnifique je ne sais pas comment tu fais pour trouver l'ordre de tous ces mots, comment tu fais pour décrire aussi bien, je suis fascinée et un peu trop émue quand je lis ce texte, ça me semble impossible, un peu trop beau, et ce serait mentir de dire que tu n'es pas une grande écrivain. Tu offres trop de magie, on croit que celui-çi sera le dernier mot, mais tu continues d'offrir encore plus. J'aime quand c'est triste et un peu flou, tu laisses toujours du mystère, tes phrases m'immobilisent, ta fragilité, ta sensibilité pour de petites choses qui se remplissent soudain d'importance et qui expliquent tout, ton émotivité, ça me rend muette, après ça je n'ose plus essayer d'écrire, c'est tellement intimidant, et tellement agréable, j'y pense souvent, trop peut-être, à n'importe quel moment.

 
joumana
27-09-06 à 00:08

Re:

C'est moi qui suis émue désormais...:-))

Merci Mademoiselle.


 
Alexqnw
15-11-07 à 03:50

Unknown



 
Alexgiy
15-11-07 à 03:50

Unknown




 
Alexpcm
15-11-07 à 03:50

Unknown



 
lol
15-03-08 à 18:13

Unknown


 
lol
19-04-08 à 11:35

Unknown