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Abécédaire vagabond



"Quand on a des opinions courantes, on les laisse courir."

Pensées détachées, Jules Barbey d'Aurevilly


Anniversaire.

Il y a ce vendredi soir, mon pote-de-DEA, sa petite femme, je les récupère, on file au restaurant, mon ami-de-Lyon nous rejoint, il y a cette joie de nous retrouver, et cette première nuit à parler dans le noir, à fumer des clopes, "mais je te promets Joum, je vais pas reprendre la cigarette ce WE" -il fumera TOUTES mes clopes-, il y a ce réveil matinal, les photocopies qui foirent, La Poste, mes enveloppes parties, mon coeur qui manque d'exploser, il y a le coiffeur, et mes cheveux qui tombent encore, mon ex-coloc qui passe, "je me suis couchée ... euh tard ... ce matin", sur son visage, je devine, je ris, il y a ces thés chez moi, avec les petits Lyonnais, mon ex-coloc qui appelle, qui avoue, "ok ok j'ai couché!", nous qui rions "mais naaan poulette, c'est pas grave de coucher le premier soir, c'est même mieux, tu sais tout de suite à quoi t'en tenir!!", moi qui m'habille avec mon haut jaune citron, mon ami-de-Lyon qui me regarde "Joum, on voit tes seins en transparence!", et je souris "comme ça, j'aurais même pas besoin de les montrer!".

Il y a ma mère, son cop's, ma tante, son mari, qui passent nous chercher, l'arrivée au bar, chargés comme des mules, la préparation du buffet gigantesque par ma mère et ma tante en un quart d'heure top chrono, on trinque une première fois, mon ami-de-Lyon déjà accoudé au bar avec mon oncle et cop's-de-ma-mère, mon ex-coloc qui arrive, moi qui crie "voilà celle qui a baisé!!!!", mes amis-de-Lyon qui débarquent, il y a ma cop's-p'tite-soeur, mon frère pas rasé "pour toi soeurette!", en tenue de prof de physique, mon cousin, sa copine, il y a eu toutes ces arrivées, Sergent-Chef très Catherine Zeta-Jones dans sa robe au décolleté hallucinant, mon p'tit-collègue, son cop's, les copains de mon frère, le cop's-Sicilien, MMA en retard comme d'habitude, les copains homos, l'ex-coloc-de-mon-ex-coloc, son cop's, les jumelles, les p'tits mariés, le père du p'tit marié, sa copine, et son caniche, ma cop's-Poussin, son amoureux, ..., il y a le punch au goût de mojito-sangria, mon cousin avec son filtre de cigarette dans le lobe de l'oreille "aaaaaaaah mais c'est QUOI ça?? Tu veux te faire un énoooorme trou dans le lobe???", sa coiffure de déjanté, mix entre Bob Marley et un homme préhistorique, et son album qu'il me brandit sous les yeux "cousine, fais-moi de la pub!", moi qui annonce à chaque arrivant que mon ex-coloc a couché la nuit d'avant, il y a le grand débat lancé par mon ex-coloc, "est-ce que sucer le premier soir signifie qu'on est une VRAIE CHAUDASSE??", et la cop's-Poussin qui réplique "oui et c'est tant mieux!".

Il y a mon oncle vautré dans une banquette avec la p'tite-femme-de-mon-pote-de-DEA qui critiquent toutes les fesses qui passent devant leurs yeux, il y a Robbie bronzé, l'un des petits homos, qui me dit "bientôt 30 ans, et dis donc Joum, t'es toute BLANCHE!!", moi qui refuse de lui reparler, il y a mon cousin qui tente vainement de mettre des passages de son CD, on lui hurle dessus pour qu'il nous remette Madonna, ou Britney, il y a Sergent-Chef, déchaînée, avec sa danse survoltée, et une irradiation du bassin au summum du sublime, on reste tous sciés, les patrons du bar restent scotchés à la regarder, on rit, n'est pas Catherine Zeta-Jones qui veut.

Il y a le moment où je crie "c'est ma 2ème galoche du collège!", en parlant de l'amoureux-de-la-cop's-Poussin, et elle qui me dit qu'elle a mis un double-soutif, "comme ça, j'en ai mis un pour toi Joum!", il y a moi vautrée sur mon ptit-collègue, sa main sur ma foufoune, et la main de cop's-p'tite-soeur sur mon sein, il y a mon p'tit-collègue qui dit à ma mère qu'on va se marier, et moi qui fais promettre à son cop's d'aussi m'épouser, il y a cop's-p'tite-soeur qui montre ses seins à la cop's-Poussin et à son amoureux, il y a cop's-de-mon-frère qui vit un orgasme sur Kelly Clarkson, il y a tous ceux qui ont tiré sur le noeud de mon haut dans le dos, pour que je me retrouve les seins à l'air, il y a le gâteau, les bougies, les cadeaux, et moi à l'apogée de mon alcoolémie, je m'assois par terre, je déballe, le cerveau embrumé, les cours de danse, je suis sur un petit nuage, les livres dont je ne comprends pas le titre, la journée-VIP de ma famille, dont je n'ai jamais compris le principe ce soir-là malgré les explications hurleuses de ma mère, les fringues, le maquillage "so glam'", le parfum, la montre, et les cadeaux "Portugueche" de cop's-p'tite-soeur, un papillon rose "c'est un VIDE-POCHES JOUM!!!", et des bougies roses qui sentent la fraise "comme ça, ça fera PORTUGUECHE CHEZ TOI!!!", et je ris.

Il y a ma mère derrière le bar, à qui on fait verser plus de vodka dans nos verres, le serveur qui fait "tututututu je vous ai vue madame!" il y a mon frère et cop's-de-cop's-p'tite-soeur dans la rue, affairés à à sauver un alcoolique, il y a mon pote-de-DEA qui me répète pour la 50ème fois "mais en fait, c'est grâce à toi que j'ai rencontré la femme de ma vie, je te dois une reconnaissance éternelle!", moi qui me marre, et lui qui me dit "tu ne seras pas marraine de ma fille, je veux pas qu'elle devienne comme toi!", moi qui me marre moins, "mais tu seras marraine de mon fils!", et moi qui me marre "il sera pédé ton fils!!", mon p'tit-collègue qui rajoute "ouais et moi je serai aussi sa MARRAINE!!", et mon pote-de-DEA qui ne se marre plus du tout, il y a le MMA-de-cop's-p'tite-soeur, en mode sex-machine sur le dancefloor, qui chante tout le répertoire français avec mon ex-coloc, et qui raconte comment il a mis un vent à Kamel Ouali, il y a mon cousin-trou-filtre-dans-l'oreille et ses mains baladeuses, il y a ma mère et ma tante qui débarrassent le buffet en un quart d'heure top chrono, i
l y a le serveur qui coupe la musique de manière soudaine, il est tard, et nous interrompus en pleine chorégraphie, il y a cop's-p'tite-soeur qui parle Bacalhau avec le gérant du bar, et qui met des serviettes entre ses orteils pour ne pas salir ses chaussures, il y a moi qui invite tout le monde chez le pote-Sicilien, en Sicile, et qui lui dit, les bras autour du cou "et tu m'épouses, et t'iras pêcher des poissons pour moi!", il y a ces derniers fous rires dans la rue, il y a MMA bourré dans la rue qui veut monter dans un taxi avec son verre, il y a ces dernières cigarettes sur le trottoir, et le retour en taxi avec mon ex-coloc et mon ami-de-Lyon, la tête dans les étoiles.

J'ai ainsi entamé mes 29 ans avec une parfaite gueule de bois.

Brefs aperçus sur l'éternel masculin.

1. Une fin d'après-midi, je suis dans le métro, Boobs vibre.

-p'tit-frère-de-14-ans : hé hé saluuuut!!
-moi : hé coucou, ça va p'tit cochon?
-p'tit-frère : yes, tu fais quoi?
-moi : euh je suis dans le métro, et toi tu fais quoi là? T'es pas en cours??
-p'tit-frère : bah non, je suis en pause.
-moi : ah ok. Dis je te rappelle plus tard parce-que là, ça risque de ne plus capter!
-p'tit-frère : ah bah non, je veux te parler MAINTENANT!
-moi : ah ok. Mais ça risque de ...
-p'tit-frère : pas grave, je parle quand même!
-moi : ok ok.
-p'tit-frère : en fait tous mes potes sont au téléphone avec leurs copines.
-moi : ah.
-p'tit-frère : donc je t'appelle ... comme ça moi aussi je peux frimer avec une fille au téléphone!
-moi : ...

2. Un soir chez moi.

-mon frère : ouaich soeurette, ça va? Contente de me voir? Bon je vais aux chiottes moi!
-moi : ...
-mon frère : putain t'as pas réparé ta cuvette de chiottes??
-moi : bah non.
-mon frère : pourquoi??
-moi : parce-que je me suis dit que tu le ferais!
-mon frère : pourquoi??
-moi : parce-que t'es FORT!
-mon frère : ... hé hé c'est vrai, t'as un tournevis?
-moi : non.
-mon frère : putain t'es une vraie gonzesse!
-moi : ...
-mon frère : HEUREUSEMENT que je suis là, moi, l'HOMME FORT!
-moi : ...

3. Un soir chez moi, MMA et mon frère affalés dans le canapé.

-MMA : bon on bouffe Joum??
-moi : OHE!!! Je suis pas LA BONICHE de ces MESSIEURS!!!
-mon frère : ...
-MMA : tu veux de l'aide?
-moi : non, laisse tomber, on va pas être deux à la cuisine!
-MMA : bon alors, DE QUOI TU TE PLAINS??
-moi : ...

4. Un soir, je suis devant chez MMA.

-moi : dis, tu fous quoi?? J'ai sonné 3 fois chez toi, tu peux m'ouvrir??
-MMA : je suis au bar!
-moi : HEIN??
-MMA : JE SUIS AU BAR!!!
-moi : mais tu me dis de venir te chercher CHEZ TOI et tu VAS AU BAR???
-MMA : bah quoi?? Arrête de t'énerver et rapplique.
-moi : ...
-MMA : c'est pas possible ça de s'énerver pour si peu pffffff!
-moi : ...

5. En salle-fumeurs, au boulot.

-moi : aaaaaaaaaaaaaah!
-collègue-hyper-costaud-zen : quoi?
-moi : j'ai failli déchirer ma jupe dans la porte!!
-collègue-hyper-costaud-zen : dommage ...
-moi : hein??
-collègue-hyper-costaud-zen : bah on aurait pu se rincer l'oeil et voir tes cuisses!
-moi : je suis pas épilée.
-collègue-hyper-costaud-zen : mmmm un de mes copains dit que les femmes poilues sont les plus sensuelles ...
-moi : ...

Mais, cher Denis Grozdanovitch (*), parce-que je ne suis pas (si) féministe, voici un (très) bref aperçu sur l'éternel féminin :

1. Chez moi, Boobs collé sur mon oreille gauche.

-cop's-p'tite-soeur : blablabla
-moi : blablabla
-cop's-p'tite-soeur : blablabla aïe aïe AÏEEEEEEE!!!
-moi : quoi??
-cop's-p'tite-soeur : bah je suis en train de m'épiler la foufoune, et je viens de me louper un poil!
-moi : ...
-cop's-p'tite-soeur : bah ouais, je te parle, mais en même temps, j'ai fait pipi, je me suis démaquillée, j'ai rangé 2-3 trucs, et puis maintenant je m'épile la foufoune!!
-moi : ...

2. Chez moi, Boobs ENCORE collé sur mon oreille gauche.

-moi : t'es où là?
-mon ex-coloc : euh ... au Bon Marché ...
-moi : ...
-mon ex-coloc : je sais ... JE SAIS!!
-moi : et donc?
-mon ex-coloc : ... j'en suis à 150 euros ...
-moi : t'as acheté quoi?
-mon ex-coloc : ... une robe, et puis ... et puis ...
-moi : ah MAIS ATTENTION ce sont des choses ES-SEN-TIEL-LES!
-mon ex-coloc : ouiiiiii, tu vas me déculpabiliser hein?
-moi : bien sûr, t'inquiète, tu sais bien comment je suis moi aussi!
-mon ex-coloc : ouf. Ca va mieux. Bon j'y retourne. J'ai pas fini de faire les magasins moi!
-moi : ...

Cuisses à marier.

Je suis seule, je lis, j'attends le métro.
En face, de l'autre côté du quai, un homme boit du vin rouge.
C'est dimanche, il est dix heures.
Du matin.

-l'homme : mademoiselle!
-moi : ...
-l'homme : oui oui vous! Je peux vous dire que vous avez de jolies jambes?
-moi : euh merci.
-l'homme : je pourrais vous faire la cour rien que pour vos jambes, je peux?
-moi : euh vous savez, le temps nous est compté!
-l'homme : vous êtes mariée?
-moi : ouh la non.
-l'homme : vous avez un homme dans votre vie?
-moi : je ne sais plus!
-l'homme : ah. Si vous voulez, je peux devenir le seul homme de votre vie et m'occuper de vous! Vous voulez que je m'occupe de vous?
-moi : bah en fait, je crois pas que ce serait une bonne affaire pour vous!
-l'homme : ah. Bon je vous laisse lire et je bois un p'tit coup!
-moi : ok, à la vôtre!

Quelques minutes plus tard.

-l'homme : mademoiselle?
-moi : oui?
-l'homme : et si je deviens l'homme de vos cuisses, vous préférez?
-moi : ...
-l'homme : je pourrais juste épouser vos cuisses? Ca ne vous engage à rien!
-moi : ...


C'est décidé, je ne mets plus de jupe au-dessus des genoux.
Mes cuisses ont failli être mariées avant moi.
C'est le pompon.

Dandysme.

-mon ami-de-Lyon : hey, je te dérange?
-moi : non. Je réfléchissais.
-mon ami-de-Lyon : tu réfléchissais?? Un dimanche après-midi?? T'es pas un peu folle??
-moi : tu vois, au départ je me disais que je n'étais pas assez engagée au niveau politique, alors j'ai commencé à lire quelques articles ...
-mon ami-de-Lyon : ah non hein! Tu vas pas te mettre à la politique, tu vas devenir barbante!!
-moi : ... et puis j'ai songé qu'hier j'avais vu Marine Le Pen à la télé qui expliquait que son père avait une "forte tendance à relativiser", tu te rends compte??? Elle a dit "RE-LA-TI-VI-SER" pour qualifier les propos de son père sur les chambres à gaz, est-ce que tu imagines?? Elle est dangereuse cette femme ...
-mon ami-de-Lyon : elle est surtout moche!
-moi : ... et puis je me suis interrogée sur la maternité ...
-mon ami-de-Lyon : ah oui? Comme ça??
-moi : ... il y a cette thèse d'une Américaine (**) qui explique que le fait de donner la vie "muscle" le cerveau des femmes ...
-mon ami-de-Lyon : mais c'est quoi ces conneries??? Des "areuh areuh gouzi gouza tétine couche caca" ça rend les femmes plus intelligentes?? Mes couilles oui!!
-moi : ... et puis j'en suis venue à lire ce dossier sur le dandysme (***) et je me demandais qui pourrait, à notre époque, être qualifié de "dandy" ...
-mon ami-de-Lyon : ...
-moi : ... et donc là, j'en étais à la définition du dandysme.
-mon ami-de-Lyon : qui est?
-moi : ... bah en fait, ATTENTION HEIN, un dandy n'est pas seulement, je cite le dictionnaire "un homme raffiné dans sa toilette", c'est aussi et surtout un être en rébellion contre des valeurs conformistes, un être cynique et désabusé en protestation contre une société matérialiste et inscrite dans la banalisation, un être qui s'exprimait par une grande frivolité, par un choix esthétique original et voyant, le dandy BRILLE pour exister.
-mon ami-de-Lyon : globalement, un mec qui proteste, et qui fout rien quoi!
-moi : c'est vrai, le "corps social", ainsi que le définit Balzac, est composé de ceux qui travaillent, ceux qui pensent et ceux qui ne font rien. Le dandy est de ceux-là.
-mon ami-de-Lyon : des glandeurs-cons comme nous quoi!
-moi : ouais tiens, maintenant, on ne dira plus qu'on est cons, on dira qu'on est des DANDYS!!
-mon ami-de-Lyon : c'est tout de suite beaucoup plus classe.

Egocentrisme et idéalisme.

En salle-fumeurs, au boulot.

-collègue-hyper-costaud-zen : en fait, il faudrait écrire sur les personnes de ce projet!
-moi : ...
-collègue-hyper-costaud-zen : nan c'est vrai, tous ces gens-là qui bossent avec nous, ce sont tous des clichés ma parole!
-moi : ...
-collègue-hyper-costaud-zen : sauf nous quoi!
-moi : mouais, es-tu certain que nous ne sommes pas non plus des clichés?
-collègue-hyper-costaud : CA VA PAS NON!!! Moi, je m'aime bien trop pour être un cliché ou être assimilé à ces gens!
-moi : ah oui?
-collègue-hyper-costaud-zen : je suis égocentrique. Et je l'assume complètement!
-moi : hé ben, au moins t'as pas de problèmes de confiance en toi, toi au moins!!
-collègue-hyper-costaud-zen : non. Et puis ici, je commence à me lasser, je suis allé aussi loin que je voulais aller. Je m'arrête toujours quand je suis certain d'être le meilleur. C'est comme ça dans chaque domaine.
-moi : ah oui? Et il n'existe même pas une faille chez toi qui fait que parfois tu n'arrives pas à être le meilleur?
-collègue-hyper-costaud-zen : non. Je veux et j'aurai toujours le dernier mot.
-moi : et en amour?
-collègue-hyper-costaud-zen : soit je quitte la fille et c'est ok, soit elle me quitte et je me dis que de toute manière, j'ai vécu avant elle, donc que ça change rien.
-moi : oui mais son amour peut t'avoir changé. Tu ne peux pas faire comme si elle n'avait jamais existé et que tout va redevenir comme avant, un peu comme une parenthèse dans ta vie, certaines personnes changent le cours de ta vie!
-collègue-hyper-costaud-zen : tu es une idéaliste. Une personne peut changer ma façon d'appréhender les choses, pas ce que je suis.
-moi : oui mais c'est lié non?
-collègue-hyper-costaud-zen : non, aucune relation ne change mon moi profond.
-moi : mais à partir de quel moment estimes-tu que ton "moi profond" est forgé et donc figé?
-collègue-hyper-costaud-zen : bon écoute, tu m'offriras un verre et on parlera de mon égocentrisme et de ton idéalisme.
-moi : ...
-collègue-hyper-costaud-zen : tu verras qui se fait moins mal au bout du compte.
-moi : ...

Follasses du Marais.

Vendredi soir dernier, 19h30.

Un homme dans le métro fait une danse avec ses mains.
Au-dessus de ma tête.
Tout va bien.

19h45.

L'homme-qui-fait-danser-ses-mains-au-dessus-de-ma-tête arrête de me suivre.
Je retrouve mon p'tit-collègue.

20h.

On entre dans un bar où les filles aiment les filles.

"Joum, on reste pas ici, je peux pas, il y a trop de FILLES!!!"

20h30.

On s'installe dans un bar où les hommes aiment les hommes.

"OUOUOUH Monsieur, je voudrais un KIRRRRRRRR!!!"
"Ouh la, c'est quoi cette voix de VRAIE fille???"
"..."

21h.

On est déjà pompettes.
On trouve un appareil photo jetable sur la banquette.
Evidemment, on fait des photos de nous.
Archi cul-cul.

21h15.

On appelle mon ami-de-Lyon.
Qui est à Madrid en plein dîner professionnel.

"Est-ce que tu BAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIISES????"
"..."

21h30.

On parle à nos voisins.
Qui viennent de se rencontrer.
Je leur hurle dans les oreilles.

"Waaaaaaaaaaah vous êtes trop miiiiiiiignons tous les deux!!"
"..."
"Mais vous allez coucher ensemble hein ce soir??"
"..."

22h.

Cop's-toujours-à-l'Ouest nous rejoint.

"Ah mais vous êtes déjà saoûls vous deux!!!"
"NOUS???"
"Vous avez HURLE dans mon téléphone!!!"
"..."

22h15.

On dit à un mec qui passe devant nous de s'assoir avec nous.
On apprend qu'il est Irlandais.

22h30.

Je suis passionnée par les histoires de l'Irlandais.
J'en profite pour m'inviter chez lui à New York.
Il se lève quelques minutes après.
Hum.

22h45.

Un homme débarque et nous demande si on a vu son appareil photo.
On lui rend l'appareil dans un fou rire.

22h50.

On imagine la tête du mec quand il va faire développer ses photos et qu'il va voir nos poses archi cul-cul.

23h.

MMA-de-cop's-p'tite-soeur, qui était dans un bar pas très loin, débarque pour nous dire bonjour.
On hurle.
Il repart dans un autre bar avec ses copines.

23h30.

On passe le voir, il est dans le bar où l'ex-de-cop's-p'tite-soeur travaille comme serveur.
On hurle "saluuuuuuuuuuuut les greluches!!!!!"
Le serveur nous hait.
Profondément.

Je crois qu'il regrette d'avoir croisé un jour la route de cop's-p'tite-soeur.

23h45.

Dans la rue, p'tit-collègue distribue des prospectus qu'il a piqués dans le bar.

"Loulouuuuuu, mais qu'est-ce-que TU FOUS???"
"JE DONNE DES PROSPECTUS aux gens, tenez Madame, tenez Monsieur!"
"..."

0h.

On arrive dans notre p'tit restaurant habituel.
Le serveur dit qu'il ne me verra décidément jamais sobre.
Ah.

0h15.

On mange mais on ne sait pas quoi.

0h45.

P'tit-collègue vomit aux toilettes.

1h.

MMA-cop's-p'tite-soeur nous rejoint, accompagné d'une copine, Blondasse-reine-du-désert.

1h30.

On est dans un autre bar.
P'tit-collègue manque de déclencher une bagarre avec la table d'à côté.

1h45.

P'tit-collègue se réconcilie avec la table d'à côté.
On souffle.

2h.

On boit une dernière bière.

3h.

On monte dans le bus de nuit.

3h10.

On fait une visite guidée en anglais aux autres passagers endormis.

3h20.

Je crie "MAIS VOUS ÊTES GLAUQUES DANS CE BUS!!!"

3h25.

Un homme m'interpelle.

"C'est ceux qui ont le plus de complexes qui disent que les autres sont glauques!"
"Ca veut dire que vous estimez que j'ai des complexes?"
"Non ... oui"
"Oui vous avez raison, j'ai un gros cul!"
"Euh mais j'ai pas dit ça!"
"Oui mais vous avez raison j'ai des complexes avec mon cul!"
"Levez-vous!"

3h27.

Je parade dans le bus, devant l'homme.

"Ah mais non ça va, vous avez pas un GROS CUL!"

Tout le bus est ainsi informé.

3h30.

Je sors du bus.
Je reste plantée sur le trottoir à faire des grands coucous à p'tit-collègue, MMA-cop's-p'tite-soeur et Blondasse-reine-du-désert restés dans le bus.

3h32.

Un homme me touche le bras.

"Vous êtes actrice?"
"Euh non!"
"Si, vous êtes actrice!"
"Mais non!"
"Ah ok, j'ai cru, avec tout le BAZAR que vous avez mis dans le bus!!!"
"..."

3h45.

Je sombre dans le coma.

Grain de beauté.

Je frotte le blanc de mon oeil encore une fois.
D'abord avec le bout de mon doigt, puis avec un coton humide.
Et je regarde. Il est toujours là.

Il y a un mois environ, MMA me regardait et soudain s'est écrié "Joum, c'est étrange ce point noir dans ton oeil, enlève-le!", j'avais regardé dans le miroir, un point noir, j'avais touché, frotté, le point noir ne s'effaçait pas.

Je regarde mon oeil, je trouve ça étrange, ce petit rond noir qui flotte à côté de ma pupille, comme un grain de beauté qui aurait poussé de manière soudaine, un grain de beauté dans l'oeil.

Bon tant que je ne me retrouve pas avec un poireau et un gros poil qui sort de l'oeil, tout va bien.

Habitude.

"Allo chouchouuuuuuuute, YOUUUUUUUUUUUH, tu sais quoi, je suis sage hein, hé ma louloute, je te jure, je fais pas de bêtises, par contre, je crois que je suis un p'tit peu bourré, c'est la CATA, j'ai peut-être un peu trop bu, je sais même plus où je suis, aaaaaaaah, est-ce que je peux me jeter sur la voiture, ououhhh, YOUUUUUUUUH les garçons, je suis la grosse chaudasse sur la voiture, OUOUUUUUUH, je suis la grosse chaudasse les garçons, ouh la, qu'est-ce-qui se passe, hé ma chouchouuuuute, tu sais, je t'aiiiiiiime, je suis bourré, c'est la CATA, gros bisous ma chouchouuuuuuuute!"

Mon p'tit-collègue.
Un chouïa alcoolisé.
Un vendredi soir.

Comme d'habitude.

Idées.

Je manque d'idées.

Je me dis souvent que je n'ai pas assez de convictions. Notamment politiques. On pourrait me reprocher d'être trop "lisse", trop "policée", trop "cruche". Et d'ailleurs je me sens souvent très cruche. Au coeur d'un débat sur des idées politiques, je reste souvent passablement aussi prolixe qu'une plante verte, j'ai toujours besoin de prendre du recul, je me dis que je n'ai pas toutes les données en tête pour pouvoir défendre telle ou telle idée, que je ne suis pas assez informée, que je ne suis pas assez cultivée sur les origines de tel ou tel problème pour me permettre de bâtir un argumentaire qui traduirait une conviction propre. Ce que je pourrais définir comme mes croyances ou ma vérité. Elevée par des parents aux orientations politiques de gauche, baignée petite dans un univers très "baba-cool", vêtue bébé de pantalons pattes d'éph' aux couleurs psychédéliques et de baskets à petites fleurs, j'ai grandi dans un creuset aux dimensions sociales et humanistes, contours entre lesquels j'essaie de rester encore aujourd'hui. Et pour cela, il faut s'intéresser au monde dans lequel on évolue.

Mais voilà.
Je m'intéresse autant que possible mais il se trouve que j'ai toujours un retard de compréhension d'environ (étude certifiée MMA) 5 jours sur l'actualité politique et/ou autre.

C'est navrant. Je sais.

"Clearstream, c'est quoi? Une lotion pour le traitement de l'acné??"

Je m'en-foutisme.

Un soir. Je monte dans une rame de métro. Un peu pompette.
La rame est vide.
Sauf un garçon avec un casque sur les oreilles.

-moi : HE OH TOI, TU M'ENTENDS?
-le garçon : euh oui je t'entends, TU CRIES!
-moi : il est beau ton casque!
-le garçon : euh je sais pas. Peut-être.
-moi : et tu lis quoi?
-le garçon : en fait, je lis pas.
-moi : ah. Mais pourquoi t'as un livre ouvert entre les mains??
-le garçon : je sais pas, je m'en fous.
-moi : de ton livre?
-le garçon : de tout.
-moi : ah. Mais t'es dépressif??
-le garçon : peut-être. Et toi?
-moi : moi aussi, je m'en fous. De tout.
-le garçon : alors on est deux dépressifs à minuit dans une rame de métro vide!
-moi : n'empêche. Il est beau ton casque.
-le garçon : ...

Je sors de la rame, je fais des grands coucous derrière la vitre au garçon.
Il rit, son casque sur les oreilles, son livre entre les mains.
Je monte les marches. Je croise trois hommes qui décapent le carrelage.

-un des hommes : hé salut Betty Boop!
-moi : hééééééééé saluuuuuuuuuuuuuuut!
-un autre homme : oh la! T'as la pêche toi!!
-moi : bah ouais! Mais vous faites quoi là?? VOUS TRAVAILLEZ????
-un des hommes : bah ouais.
-moi : ah ... MAIS CA NE VA PAS DU TOUT!!! Il faut pas travailler à MINUIT!!!
-les hommes : ...
-moi : hé non. Ca ne se fait pas. ARRETEZ TOUT DE SUITE!!!
-les hommes : ...
-moi : hé puis vous savez quoi?
-un des hommes : non?
-moi : ON S'EN FOUT!!!!
-un des hommes : de quoi on s'en fout Betty Boop?
-moi : ON S'EN FOUT DE TOUT!!!!!
-les hommes : ...

Et je reste discuter un peu avec eux.
Et puis je rentre chez moi.
En chantant dans la rue.

Parce-que je m'en fous. De tout.

Kitsch.

Un soir, j'entre dans mon p'tit tabac.

-monsieur-du-tabac-piercé-moqueur : hé hé salut la miss!
-moi : salut!
-monsieur-du-tabac-piercé-moqueur : la même chose que d'habitude? Deux paquets?
-moi : oui et un briquet aussi!
-monsieur-du-tabac-piercé-moqueur : ok, voilà un beau briquet roooooose super brillannnnt!
-moi : ouh la, il est bien kitsch!
-monsieur-du-tabac-piercé-moqueur : et voilà le tout dans un beau sac avec des pailletttttttes!
-moi : ouh la, ENCORE PLUS KITSCH!!
-monsieur-du-tabac-piercé-moqueur : comme toi!
-moi : hein??
-monsieur-du-tabac-piercé-moqueur : bah ouais, je te trouve super kitsch comme fille!
-moi : ...


Kitsch : se dit d'objets et d'oeuvres picturales au style volontairement démodé.

Hum. Je sais pas si je dois bien le prendre.

Limites.

Je relis souvent quelques-uns de mes carnets et je me suis aperçue que la phrase qui revenait le plus souvent était : "je me heurte aux limites de mon esprit."

J'ai souvent ce sentiment d'être confrontée à un problème aux dimensions démesurées, qui génère chez moi une réelle impuissance, et par conséquent une frustration difficile à gérer. J'ai beaucoup de mal à extraire d'un texte une problématique, à synthétiser un argumentaire, à dégager une unique ligne directrice. Lorsque je faisais des résumés pour l'épreuve de français du bac, j'étais toujours extrêmement décontenancée, je lisais le texte plusieurs fois et il ne m'apparaissait pas une phrase pour une idée, mais plusieurs phrases pour une idée, et si je n'avais pas été enfermée dans des consignes de synthèse, j'aurais réécrit les idées de l'auteur, même transformé ses problématiques, et j'aurais donné une version plus longue, et certainement totalement éloignée de la réflexion de l'auteur. C'est pour cela que j'ai toujours été angoissée par le mot "résumer".

Je suis obsédée par les détails. Je ne sais pas avoir une vision globale. Ce qui m'a valu, concernant mes dissertations, de nombreux commentaires en rouge dans la marge "trop de blabla", là où une copie double aurait suffi pour un argumentaire percutant, logique et compréhensible, je rendais trois copies doubles d'un fouillis d'idées mal enchaînées les unes aux autres, noyant définitivement le sujet.

Je voudrais pouvoir raisonner beaucoup plus, et de manière beaucoup plus fine, apprendre à être concise, et logique, je voudrais pouvoir réfléchir plus, et posséder les moyens de comprendre plus rapidement. Je voudrais arrêter de me "heurter aux limites de mon esprit", et ne plus ressentir cette frustration de ne pas savoir raisonner.


"Joumana, tu peux présenter ce sujet demain en réunion?"
"Euh"
"De manière synthétique, claire et convaincante?"
"Euh"
"En peu de temps?"
"..."

Et qui a fait sa Minute-Blonde devant 30 paires d'yeux?

...

Manipulation managériale.

Mardi soir, j'entre dans le bureau de mon manager.
Avec détermination.

-mon manager : je veux du concret.
-moi : ok. Alors écoute, je ne veux plus continuer sur cette mission. 4 ans que j'y suis, et que je fais un boulot qui ne me satisfait pas intellectuellement, je m'ennuie, mes collègues, j'en peux plus, et il y a toutes ces petites histoires qui me lassent. Alors dis-moi, mais dis-moi une bonne fois pour toutes, DOIS-JE QUITTER CETTE SOCIETE POUR PARTIR DE CETTE MISSION??"
-mon manager : ...
-moi : ...
-mon manager : tu veux quitter la société?
-moi : ça fait partie de mes réflexions.
-mon manager : ...

Alors son regard qui devient noir. Ses paroles qui deviennent acerbes. Mon obstination qui se cogne contre ses mots. Ses phrases qui blessent. Ma confiance qui s'effondre. Ma colère. Mes larmes de colère. De lassitude aussi. Sa manipulation. Mon manager qui reprend son masque et qui sait exactement quelles sont mes failles. Mes doutes. Ce désagréable sentiment de n'être qu'un pion.

"Joumana, tu ne seras jamais adaptable en entreprise, tu es bien trop sensible, ta hantise des conflits, ce n'est pas réaliste, mais ENFIN, TU VIS DANS QUEL MONDE???"

Ah tiens bonne question.

Je rentre chez moi, à pied, en pleurant.
Et j'avale une demi-tablette de chocolat en vernissant mes ongles de doigts de pied.
Bah ouais, ça me détend.

Les jours suivants, la guerre s'installe, entre tentatives de destabilisation et révélations insidieuses.

"Elle, de toute manière, elle est à l'origine de la situation actuelle, parce-que lui, il est très protecteur avec toi et dès qu'il avait annoncé qu'il te voulait dans son équipe il y a 6 mois, elle avait dit qu'elle aurait ta peau."

Elle, Bouclette. Lui, Culbuto.
Le couple infernal.

D'un côté, mon manager qui veut que je sauve la mission, et Culbuto qui veut que je reste sur cette mission, de l'autre, Bouclette qui veut que je parte et mon autiste-de-collègue qui ne veut plus partager ses responsabilités avec moi et qui veut devenir calife à la place du calife.

Et moi qui veux partir.

Alors les entrevues, les discussions, les non-dits, et la pression qui continue de monter.

Et enfin, jeudi midi, il y a ce déjeuner avec mon manager et un autre collègue.
Je les regarde, ils se lancent des regards entendus au-dessus des olives au cumin, et moi, plongée dans l'incompréhension, j'aspire (élégamment) mon Coca Light avec ma paille.

Et ils me font cette proposition.

Nouvelle mission, fruit d'un projet monté en douce, un poste qui semble brillant.
Tout avait déjà été prévu.
J'en recracherais presque mon Coca Light par le nez.

"Bon Joumana, on veut te mettre à cette place parce-que tu as acquis pendant 3 ans les connaissances de ton ancien chef, et parce-que toi, il t'écoute et te dit oui. Alors maintenant, c'est contre lui que tu vas devoir te battre. Avec ses propres armes."
"C'est pervers."
"C'est la règle du jeu. Ce sera formateur. Emancipateur même."

Je les regarde, j'ai presque envie de rire, ils se prennent pour les James Bond du consulting.
Mon manager me fixe et me demande une réponse rapide.
Mais moi, James Bond girl, ça ne m'a jamais fait fantasmer.
Sauf si je peux coucher avec Sean-Connery-un-peu-plus-jeune-quand-même et que j'ai un super-revolver-qui-fait-des-mojitos.

Alors sous le regard furibond de mon manager qui ne comprend pas que je puisse encore faire la fine bouche, je réclame une semaine pour réfléchir.

Et depuis ce déjeuner, jeudi dernier, derrière les stratégies où chacun oeuvre pour sa société, ses intérêts, sa carrière, les histoires éclatent, les histoires de cul, de fric, de pouvoir.

Bienvenue dans le doux monde de l'entreprise.
Si j'avais su, j'aurais joué à Risk plutôt que de collectionner les images Panini des Bisounours.

Non.

Un soir, j'ouvre ma boîte à lettres. Une grande et lourde enveloppe marron. Je comprends instantanément. Je monte les marches. J'ouvre lentement l'enveloppe. Mes manuscrits. L'un est corné sur les quinze premières pages et les trois dernières.

Non. Le premier.

Pourtant je m'y attendais. Mais ce serait mentir d'écrire que ça ne m'a pas atteinte. Ce serait mentir de dire que je ne me suis pas sentie découragée. Ce serait mentir de dire que je ne doute pas. Rien de ce que j'ai écrit ne m'apparaît comme construit, raisonné, pertinent. Oui, c'est de l'orgueil. Ce non, ça résonne comme un mauvais présage.

La barre est peut-être trop haute, je suis peut-être trop exigeante, je ne sais plus rien, je n'ai plus aucune certitude.

Mais. Tant pis. J'ai compris que je ne sais pas faire naître des histoires construites, raisonnées, et pertinentes, j'écris parce-que j'aime écrire, j'écris pour que les mots transpirent d'odeurs, de couleurs et de saveurs, j'écris pour partager mes émotions, j'écris pour l'amour des mots et des histoires, et c'est ma seule ambition.

Alors. Non. Je n'abandonnerai pas.

Onanisme.

Et je fais des noeuds de plus en plus serrés, entre mes tempes, il se joue des actes dont les multiples rebondissements m'échappent, des saynètes où les personnages s'interrogent, se déchirent, s'embrassent, et se quittent, je réfléchis, je doute, je réfléchis, je doute, je réfléchis, je cherche à repousser les limites.

Et puis je finis toujours par me plonger dans un bain brûlant et parfumé.
Parce-que finalement, l'onanisme physique est bien plus satisfaisant.

"En fait, je voudrais le remercier!"
"Qui??"
"Mon clitoris!!"
"Hein??"
"Bah ouais, on ne remercie jamais assez son clitoris pour TOUT le plaisir qu'il nous procure et pour le vidage d'esprit qu'il effectue en quelques minutes!"
"Joum. T'es folle."
"Chut, je le remercie, merci Clito, merci Clito, merci Clito!!"
"..."

Pression sociale.

"Joum, tu ne sens pas cette pression sociale qui nous entoure? Nous sommes à l'âge d'être parents."

Et je marche. Un peu paumée. Je regarde les lumières sur le boulevard et je me dis que je ne sens pas cette pression sociale. Peut-être parce-que que je vis dans une bulle, dans laquelle on nage, nous, tous pré-trentenaires célibataires hantés par l'épanouissement de soi. Je regarde mon reflet dans une vitrine, je regarde mon ventre, et je me souviens de cette après-midi, j'ai quinze ans, je suis dans les toilettes du lycée avec une amie, j'enfonce les poings dans mon ventre, violemment, désespérément, elle aussi, on refuse la vie en nous, parce-qu'il y a encore toutes ces années devant nous, parce-qu'on n'a pas vraiment compris, parce-qu'il nous faut encore grandir, assise sur la cuvette de ces toilettes, je regarde mon amie, dans ses yeux comme dans un miroir, je lis l'enfance qui ne l'a pas quittée. Je me souviens de ces moments par la suite, des années plus tard, où je le voulais, cet enfant, parce-que j'aimais un homme et que j'avais envie d'un bout de lui, de moi, de notre amour. Mais il y avait encore toutes ces choses à accomplir, ces études et ces voyages à réaliser et je n'ai pas voulu que mon enfant porte en lui mes aspirations déçues.

Je suis rentrée chez moi, je me suis allongée par terre, et j'ai songé à ce livre, Un miracle en équilibre, de Lucia Etxebarria, lorsque je l'avais ouvert, j'avoue, je m'étais dit un livre sur la maternité, ça me gonfle. Oui parce-que j'ai cette propension à m'identifier aux personnages de roman. Alors comment était-il possible que l'un de mes auteurs du moment après avoir écrit des livres où les héroïnes se shootaient, buvaient, couchaient à-droite-à-gauche-au-milieu, cherchaient leurs identités, leur indépendance, et l'amour, envisage seulement de peindre une femme qui écrit une longue lettre au bébé qu'elle vient de mettre au monde? Et puis, au moment où j'avais découvert que la narratrice vivait avec le père de l'enfant, un sentiment étrange m'avait envahie. Déception. Oui, de la DECEPTION, parce-que l'héroïne n'était pas une maman célibataire. Alors tout de suite, j'avais posé le livre, atterrée. Mais enfin, quelle genre de mère pourrais-je être à n'envisager qu'une relation entre mon futur enfant et moi, dans une totale absence du père? Comment puis-je avoir une conception de la famille en excluant la moitié masculine?

Et j'ai compris que je n'étais pas encore prête.
J'ai repris le livre entre mes mains, je l'ai dévoré, et je l'ai aimé.
Pour les multiples réponses que j'ai glanées.

La pression sociale ne se ressent que si on la laisse nous pénétrer.
On ne fait pas un enfant pour entrer dans un moule.
On ne fait pas un enfant pour qu'il porte en lui nos frustrations.

On fait un enfant pour qu'il porte en lui l'amour de deux êtres.

Quai.

C'est un dimanche. Je regarde ma mère à côté de moi. Elle est toute petite. Adossées contre une barrière. C'est peut-être la naissance des heures nocturnes. La lumière persiste entre les nuages. Déjà perdante. Je n'aime pas cet instant qui flotte dans le clair-obscur. Il y a sûrement de la tristesse dans nos gestes. Un quai de gare où l'on se quitte. Sans cesse. Tout à l'heure dans le RER, ce sera différent. Un moment remplace un autre. Un regard se superpose à un autre. Il y a des inconnus autour de nous. Des sacs lourds. Des regards qui filent entre les mains qui se dénouent. Ces quais qui s'étendent de part et d'autre de nous. Un train qui passe derrière nous. Vite. Le vent dans nos cheveux. Le bruit qui secoue les poitrines. Qui angoisse soudain. La peur du silence. Peeling des certitudes. Les trains qui volent nos convictions. Il faudrait fuir ces doutes qui envahissent soudain l'atmosphère. Sur ce quai, entre deux trains, entre deux heures, entre deux vies. Ma mère et son ennui. Ma tante et sa prochaine opération. Moi et ma vie en éclats.

"On va partir, quelques jours, à la mer. Avec ta tante. Toutes les trois. On en a besoin. Toutes les trois."

Oui. Prendre nos sacs, attendre sur le quai ce train qui va nous mener l'espace de quelques jours loin de ces vies qui ne nous appartiennent plus.

Les orteils dans la mer. Entourée de mes mères.

Réalité.

Un matin. Je suis assise, plongée dans mon livre. A côté de moi, trois adolescents discutent.

-un garçon : et toi, tu veux faire quoi plus tard?
-la fille : écrivain.
-un autre garçon : mais tu peux pas être écrivain, tu fais trop de fautes!!
-la fille : et alors? Je peux me corriger!
-le garçon : si tu ne sais pas écrire, tu ne peux pas être écrivain.
-la fille : j'apprendrai. Je veux écrire de l'héroïque-fantaisie.
-le garçon : ah. Mais t'as déjà écrit quelque chose??
-la fille : non. Je réfléchis à mes histoires.
-le garçon : ah.
-la fille : et si ça marche pas, je serai biologiste!
-le garçon : oui. C'est plus sûr. Et puis écrivain, c'est pas un vrai métier!
-la fille : je sais. Ecrivain, c'est un rêve. Je serai sûrement biologiste.
-le garçon : ouais, t'as raison. Faut être réaliste dans la vie.

Je reste silencieuse. Dehors, les immeubles gris défilent.
Et puis, les murs couverts de tags.
Une fille dessinée avec des yeux bien trop immenses.
La réalité déformée, la réalité subjective, la réalité sublimée.

Faut être réaliste dans la vie.

La fille à côté de moi se tait, devant elle, les deux garçons parlent de jeux vidéos, elle ouvre son livre.
Harry Potter.

Alors, dis-moi, toi, en face, toi qui parle de monstres que tu tues derrière un écran, dis-moi où est la réalité?

Saphisme éphémère.

Un soir, au téléphone.

-moi : aaaaaaaaah!!
-mon ami-de-Lyon : quoi??
-moi : je suis lesbienne!!
-mon ami-de-Lyon : ...
-moi : je viens de passer à côté de la femme de ma vie.
-mon ami-de-Lyon : rien que ça!
-moi : ouais, je comprends pas, j'étais dans le métro, elle était en face de moi ... son regard ... elle me regardait comme un homme, ça m'a troublée, mais VRAIMENT, et je ne la reverrai plus jamais.
-mon ami-de-Lyon : ok ... hier tu t'engageais dans la politique, aujourd'hui, t'es lesbienne, ... et demain?
-moi : oui je sais, je sais, j'ai toujours une fâcheuse tendance à m'emballer en 2 secondes et demi.
-mon ami-de-Lyon : remarque, ce qui est drôle, c'est que si je te rappelle plus tard, t'auras encore changé d'état d'esprit et t'auras une nouvelle passion!
-moi : ...

Quelques jours plus tard.

-mon ami-de-Lyon : alors toujours lesbienne?
-moi : hein??
-mon ami-de-Lyon : tu me fais mourir de rire. En fait, tu es une amoureuse de l'instant, une passionnée de l'éphémère!
-moi : nan mais tu sais, VRAIMENT, j'ai eu une décharge émotionnelle HALLUCINANTE!
-mon ami-de-Lyon : ...
-moi : mais bon c'est retombé, comme un soufflé, et après j'ai voulu devenir hôtesse de l'air!
-mon ami-de-Lyon : ...

Trek version MMA.

Dans une pharmacie.

-MMA : putain, viens, on va calculer notre masse graisseuse!
-moi : pffff nan, tu veux nous déprimer??
-MMA : bon je le fais pour moi.
-moi (tripote, débouchonne, et respire tous les laits hydratants à proximité) : ...
-MMA (tape comme un excité sur la machine) : ...
-moi (mmm ça sent bon le lait aux pépins de raisin) : ...
-MMA : AAAAAAAAAAAAAAAH!
-moi : alors?? fais voir!
-MMA : je rêve!!! Il y a marqué corpulent, tu te rends compte COR-PU-LENT!!
-moi : ...

Dans la rue.

-MMA : je vais aller courir. Parce-que sinon je vais faire comment pour avoir la condition physique pour le trek??
-moi : oui si tu veux.
-MMA : ALORS tu penses que je suis corpulent??
-moi : mais non! Mais tu as raison, tu dois te préparer physiquement pour ton trek!
-MMA : ça veut dire que tu penses que je suis CORPULENT!!
-moi : mais non, mais ...
-MMA (se fourre au fond des tympans ses bouchons d'oreille vert fluo) : je t'entends plus, tu peux parler, MECHANTE, JE T'ENTENDS PLUS!!
-moi : ...

Chez lui.

-moi : mais vous êtes combien alors à partir pour le trek?
-MMA : 4. Et puis on a un guide, et un muletier!
-moi : 2 personnes pour 4, tu plaisantes?? Et vous portez pas vos sacs??
-MMA : attends on peut pas tout faire, on va MARCHER, comme des VRAIS marcheurs. Des VRAIS sportifs. Laisse tomber, tu peux pas comprendre.
-moi : ...
-MMA : ah et il y a un cuisinier qui vient aussi avec nous!
-moi : ...

Plus tard.

-MMA : il faut ABSOLUMENT que je te montre ce que j'ai acheté pour aller au Maroc!
-moi : ouh la ...
-MMA : alors. REGARDE. Une trousse à pharmacie, t'as vu, elle est miiiiiiiignonne hein, une bombe anti-moustique, anti-araignées, anti-toutes-petites-bêtes-chiantes, un médicament anti-diarrhéique parce-que je suis sûr que je vais choper la Turista, des pastilles pour l'eau pour tenter d'éviter de la choper quand même, un savon pour se laver sans eau, ah merde, il pue, pfff, je vais en racheter un autre ...
-moi : mais tu t'en fous, t'as pas besoin de cocotter le parfum en plein désert!!!
-MMA : est-ce-que t'es folle?? Je veux sentir bon moi!! Bon et puis j'ai une boussole-qui-fait-aussi-thermomètre, HYPER PRATIQUE pour les souks de Marrakech, un oreiller portable qui se gonfle, touche comme il est tout-douuuuuux ...
-moi : ...
-MMA : ... et LA serviette révolutionnaire, qui se plie et sèche SUPER RAPIDEMENT, touche, allez, touche comme elle est douce elle aussi, bon et puis aussi une lampe frontale, trop la classe, et enfin le MUST du MUST : le PORTE-CARTE!
-moi : mais vous avez pas un guide??
-MMA : attends, on sait jamais. Et puis j'aime bien savoir où je suis et surtout, SURTOUT, s'il y a du vent, la carte ne se pliera pas, ni ne s'abimera, et SURTOUT je l'aurai pas dans la figure, tu comprends comme c'est pratique??
-moi : ...


Attention Mesdames et Messieurs, vous qui habitez le Maroc, Indiana Jones débarque.

Ulysse (ne) revient (pas).

Toi, toi qui joues à te prendre pour Ulysse, écoute-moi, reste sur ton île, ou laisse-toi charmer par les chants des sirènes, peu m'importe désormais.

J'ai fini de tisser le linceul de nos amours manquées.

V pour Vendetta.

Je me suis assise dans ce grand fauteuil, j'ai ouvert les yeux, et j'ai juste vibré.

Parce-que dans ce film à l'esthétisme lugubre et flamboyant, au message politiquement incorrect, le héros est à la fois terroriste et justicier, et parce-que je suis ressortie avec cette envie de descendre dans la rue et de participer à un vrai mouvement, pour la jolie leçon d'humanité et de liberté, pour la perturbante question qui se réveille en nous, dans quel contexte le terrorisme est-il justifiable?

Et puis au-delà de ces considérations, je suis amoureuse de Natalie Portman.

Window (Rear).

-moi : ça va?
-cop's-p'tite-soeur : écoute, je suis obèse, mes gamins me gonflent à l'école, et en plein vernissage de l'expo, devant TOUS mes collègues, bah j'ai pété, est-ce que tu imagines??
-moi : quelle classe!!!
-cop's-p'tite-soeur : bref, donc pas super. C'est la déprime.
-moi : ouais ... AAAAAAAAAAAAAAAH!!
-cop's-p'tite-soeur : QUOI??
-moi : y a mon voisin d'en face qui prend sa douche!!
-cop's-p'tite-soeur : COOOOOOOL!!! Et tu vois TOUT??
-moi : bah ouais, là, il est en train de se frotter les fesses!!
-cop's-p'tite-soeur : t'as de la chance d'avoir une fenêtre sur cour, tu peux mater tes voisins!!
-moi : mmmm ... aaaaaaaaaaah et là, je vois sa QUEQUETTE!!!!
-cop's-p'tite-soeur : PUTAIN LA CHANCE!!!!
-moi : tiens, c'est marrant, d'habitude c'est pas à cette heure-là qu'il prend sa douche!
-cop's-p'tite-soeur : nan mais tu mates souvent??
-moi : bah quand je prends mon p'tit déj', j'aime bien regarder par la fenêtre, et donc c'est souvent à l'heure de mon p'tit déj' que je vois ses fesses!!
-cop's-p'tite-soeur : ...


J'ai toujours su que j'aurais pu être une héroïne Hitchcockienne.

X.

Ces derniers temps, mes fantasmes se rapprochent plus de La Petite Maison de la Prairie que d'un film à l'érotisme torride.

Suis-je censée m'inquiéter?

Yo-yo.

Je ne comprends rien à mes états d'âmes.

Il y a ces instants de grande euphorie, ces moments où la joie déborde, et que je ne sais plus contenir, je sais bien que je suis excessive, et ça devient effrayant, il y a ces colères soudaines qui me submergent, pour un mot, un geste, et je ne sais pas les apaiser, alors j'explose, je crie, je frappe, je mords, je connais cette violence en moi, elle est le prélude aux désespoirs qui m'envahissent la nuit tombée et qui ne me lâchent pas, je tremble, j'ai peur, il y a ces rêves, ces personnes qui me crient dessus, je suis minuscule, et je m'enterre pour leur échapper, et cet homme qui hurle que je suis sale, même sous la peau, qu'il faut que je me lave, encore plus, et je me réveille avec cette angoisse qui étreint ma poitrine, je suis perdue, et je me lave, encore plus, en frottant ma peau jusqu'à ce qu'elle devienne rouge.

Il y a cette immense peine pour eux, pour leur douleur soudaine, pour leur deuil, il y a Moustache au boulot, que j'ai finalement prise en affection, pour son manque de confiance en elle, pour son côté enfant qui se sent à l'écart, pour tous ces regards d'hommes désagréables sur elle, alors je l'écoute, et dans l'ascenseur, soudain, elle me regarde mais Joum, si tu pars, je vais parler à qui moi, je lui souris, et je la tire à l'extérieur dans un rire, il y a Tori Amos, le soir, encore, toujours, dans le noir, à même le sol, juste pour les vibrations qui pénètrent dans tout le corps, et la peau qui vibre, juste pour la voix qui caresse l'âme, et ces mots qui frémissent, juste pour les larmes qui sauvent, et cette beauté un peu fragile qui éclate, juste pour cette chanson Caught a Lite Sneeze.

Il y a cet instant, dans ce restaurant, la serveuse qui me demande ce que je veux, et je regarde MMA, et je regarde la serveuse, mes yeux qui commencent à se brouiller, je ne sais pas ce que je veux, je ne sais plus rien, je n'ai envie de rien, au fond de moi, je sais que c'est mauvais signe, alors j'éclate en sanglots, parce-que je ne veux pas choisir ce que je veux manger, tout simplement parce-que je ne sais plus ce dont j'ai envie, et que mon esprit m'échappe, la serveuse qui reste ébahie devant moi, MMA qui me prend par les épaules, qui m'entraîne dehors, et dans la rue, je marche, sa main qui me tient, je pleure, sans m'arrêter, il me murmure des mots apaisants, je le regarde à travers mes larmes, je lui demande c'est sérieux hein, il sourit Joum, ça va aller, doucement, mais ça va aller, j'acquiesce, je ne m'étais encore jamais sentie aussi fragile, à éprouver des émotions aussi fortes qui oscillent entre la joie la plus légère et la tristesse la plus profonde, je sens bien que je ne contrôle plus rien, ni mon corps, ni mon esprit, alors je rentre seule, dans la rue, je laisse mes yeux dans le vague, j'ai bien trop peur d'identifier ces symptômes, parce-que j'ai bien trop peur de mettre ce mot sur tout ça, j'ai tellement peur de la dépression.

Alors j'achète du chocolat, des mouchoirs, et des bougies-coccinelle.

Zig-zag.

Aujourd'hui, je constate que ma vie est comme une ligne brisée, mes humeurs en zig-zag, c'est rude la pré-trentaine, on s'accroche encore à ses rêves comme des adolescents, alors que l'on sait bien qu'il va falloir en laisser quelques-uns sur le bord de la route, et l'adolescent en nous se bat encore, dans un ultime sursaut.

Mais en dépit de tout, je cracherai au visage du temps, les années, je les entourlouperai, le temps, je le séduirai, je l'amadouerai, je le charmerai, par amour des causes perdues, parce-que peu importe le monde dans lequel on vit dès l'instant qu'on l'a choisi, et moi je l'aime cette adolescente qui bout au creux de mon ventre, elle, qui crie que tout est encore possible, qu'elle ne se laissera pas endormir si facilement, elle qui me rend la vie peut-être moins réelle, mais sûrement plus jolie.

Et adolescente je le resterai.

D'ailleurs j'ai un bouton sur le menton.

Mais où est passé ce foutu Clearstream??





(*) : Brefs aperçus sur l'éternel féminin, Denis Grozdanovitch, 2006.
(**) : The Mommy Brains, Katherine Ellison, 2006.
(***) :  Dossiers et Documents, Le Monde, n°51, avril 2006.



Ecrit par Joumana, le Dimanche 21 Mai 2006, 22:19 dans la rubrique Chabadabada.

Commentaires :

legamin
22-05-06 à 08:50

EMOUVANT

J'ai lu les 26 articles, de A à Z .... ouaahhhh que de choses émouvantes.

la politque, où se situe Clearstream n'est forcément indispensble pour vivre heureux, mais dans 5 jours tu en seras plus sûtrement !!! :-)))

Jeune adolescente que tu vais rester, tu sais que la vie n'est chemin que d'oppostion, elle est construite d'union et de séparation, d'espoir et de déception, d'évidences et de secrets, d'amour et de trahison, de réponses et de questions, de présence et d'absence, de certitudes et de doutes ....

Faut il la vivre selon son idéal, tracer notre chemin, ou se laisser porter par les courants, nos choix sont ils les bons, nos rencontres sont elles toutes importantes, doit on se protéger de nos sentiments et de ceux des autres ..... que de questions, mais je crois vraiment que l'être humain ne sera jamais satisfait de sa situtation.

Peut on aimer à une personne à distance, est ce que les chants des sirénes seront entendus par Ulysse ?

Enfin tout ça pour çan tye dire que je ne suis écrivain, je suis juste un lecteur trés touché par ces articles et par son auteur.


 
Noumaïos
22-05-06 à 13:23

Re: EMOUVANT

Hé gamin ! Je pense surtout qu'elle en a assez de jouer les "Pénélope".
Joum Power !!! ok. je sors.

 
legamin
22-05-06 à 13:42

Re: Re: EMOUVANT

Oui tu as peut-être raison, je ne la connais pas assez.

Mais chacun ressent les émotions à travers les mots différemments.





 
joumana
25-05-06 à 12:45

Re: Re: EMOUVANT

Oui y en a marre!!

;-))

 
joumana
25-05-06 à 12:44

Re: EMOUVANT

Tu as eu du courage alors ;-))

Oui mais apprendre, connaître, et comprendre, ça fait partie de mes valeurs.

Je sais, je sais...Mais ce n'est pas pour autant que c'est plus facile...

Effectivement, et tant mieux car c'est probablement cette insatisfaction qui nous fait avancer toujours un peu plus loin.

Oui on peut aimer une personne à distance, mais reste à savoir si ce n'est pas une image à laquelle on s'accroche plutôt ... ?

Merci :-))


 
Meeooow
22-05-06 à 14:07

Avec toi je m'étonne que l'alphabet soit si court, j'aurais cru que tu avais sauté quelques lettres !
C'est fabuleux.

 
joumana
25-05-06 à 12:25

Re:

La prochaine fois, je rajouterai l'alphabet Grec ;-))

Contente de te voir là Meeooow :-))

 
manzin
22-05-06 à 15:04

MMA président !!
MMA for ever !!

Bon outre ça, juste que je vois pas forcément l'intérêt d'avoir un savon pour se laver sans eau et une serviette qui sèche hyper vite. C'est comme d'avoir un couteau à beurre et se faire des tartines à l'huile.

Mais bon je suis de tout coeur avec MMA pour son trek !

Je crois qu'on peut tout a fait vivre sa vie sans être obligatoirement réaliste sur tout. Sinon il n'y aurait plus d'espoir dans le monde, non?
Sinon à quoi bon (je parle pour moi) vouloir à tout prix être spiderman? hein?


 
Fan de!
23-05-06 à 08:10

Re:

Définitivement fan de MMA!!

Joum, merci...

 
joumana
25-05-06 à 12:33

Re: Re:

Chuuuuuuuut, ne le crie pas trop, il risque de me faire chier avec ça ensuite ;-))

 
joumana
25-05-06 à 12:31

Re:

L'intérêt pour MMA, c'est d'avoir tout plein d'objets-super-cools-pas-forcément-utiles ;-))

Oui, et puis la réalité est ce que l'on voit à travers le filtre de nos propres yeux, donc chaque réalité est unique et différente, puisqu'on la fabrique donc où est la vraie de vraie (de vraie) réalité, je te le demande à toi Spiderman? ;-))


 
jonas
22-05-06 à 17:27

Merci Joum

Tu m'as tenu en haleine comme toujours.

Pour le boulot, ça me rassure quelque part de savoir que je ne suis pas le seul. Les jalousies, les gens petits qui n'attendent que que tu partes pour prendre ta place (même s'ils sont incompétents), les petits jeux, les petites intrigues (ou plus sérieuses d'ailleurs). D'ailleurs, si je passe moins souvent par ici, c'est que dans nos nouveaux bureaux, on m'a réservé une place de choix, genre près des WC avec 20 personnes dans le dos et des gens qui passent derrière toi toutes les 20 secondes. Très feng-shui, en fait... A propos, tu as accepté l'offre?

Ulysse qui ne reviendra plus: alors là, mon âme romantique en prend un coup...

Fais quand-même gaffe hein, ça à l'air dangereux, tes vagabondages nocturnes à Paris (pour la jolie Betty Boop ;-)

Désolé pour ma longue tirade. Bisou et tschüss!


 
joumana
25-05-06 à 12:39

Re:

Pour le boulot, je suis encore en phase de réflexion...

De toute manière, dans la légende, Ulysse a couché avec la magicienne Circé et lui a fait un enfant avant de revenir vers Pénélope alors hein...;-))
Sérieusement, à un moment donné, il faut arrêter de rendre l'histoire plus belle qu'elle ne l'est vraiment, et arrêter d'attendre des choses qui ne viendront probablement pas. Il est juste question que j'évite de souffrir encore, j'ai une vie à vivre et très peu de temps à perdre.

Oui oui je fais attention (un peu...).

Pas de souci, je connais le bavardage ;-))
Bisou Mister Jonas!


 
Patmc
27-05-06 à 00:20

Re: Re:

Voui voui, en ce qui concerne Ulysse, Pénélope et Circé... Je n'ai jamais eu la prétention de te donner un conseil ou que sais-je... Non seulement je suis assez mauvais en la matière, mais en plus je constate que les 4 ans de grec ancien offerts grâcieusement par l'état étaient jetés par la fenêtre dans mon cas;-). Et je trouve aussi qu 'il faut savoir tirer un trait et vivre le présent. C'est juste que je prodigue des conseils dont je pense qu'ils s'appliquent à toute l'humanité sauf à moi... 

Mais plus sérieusement, avec le talent que tu as, je suppose que tu le sais déjà, mais il faut multiplier les démarches... Deux rejets de maisons d'éditon, je ne veux même pas en entendre parler (s'agissant de toi). Après 100 lettres de refus pour -le même texte- on peut en discuter. La comparaison est peut-être très tirée par les cheveux, mais imagine toi les réactions que Mozart aurait eu en présentant ses créations aux maisons de disques...  

Courage Joum ;-))


 
jonas
27-05-06 à 00:29

Re: Re: Re:

Oups, me suis trompé de compte... C'était moi, désolé...


 
joumana
27-05-06 à 11:44

Re: Re: Re:

Je sais Jonas, et j'ai compris ta réponse, moi aussi, mon âme romanesque en a pris un coup.
Et pour les conseils, on est tous pareils, on en donne, mais on ne les applique pas, c'est quand même bien plus drôle ;-))

J'ai reçu un non, et j'attends pour les autres réponses, mais rien ne vient...Oui, je vais continuer à faire des envois, et puis sinon, bah je coucherai avec un éditeur, ... noooon, je rigole ;-))

Merci et bon WE Jonas!

 
Je sais plus mon nom
22-05-06 à 18:46

"J'ai compris que je ne sais pas faire naître des histoires construites, raisonnées, et pertinentes"

Si, ce que tu viens d'écrire est construit, raisonné et pertinent.
Joumana, tu es trop dure avec toi-même: ne doute pas une seule seconde de ton intelligence et encore moins de ton écriture!

J.

 
joumana
25-05-06 à 12:01

Re:

Mouais mouais ... ;-))

 
Je sais plus mon nom
27-05-06 à 01:40

Re: Re:

SI!!!!

 
Je sais plus mon nom
27-05-06 à 01:41

Re: Re: Re:

(c'était J.)

 
Vendredi
27-05-06 à 16:13

:)

J., tu as raison ! :)

 
Mel
28-05-06 à 09:55

Re: :)

Oui oui!!!

 
Phil
22-05-06 à 19:11

Finalement j'aime attendre tes articles, ils sont de plus en plus touchants.
Joumana, tu es si, si...humaine. D'une belle et vraie humanité.

Merci.

 
joumana
25-05-06 à 11:59

Re:

Merci à toi Phil.

 
Vendredi
22-05-06 à 19:58

T'as toute la vie, Joum' !

Allez, ma Jouminette ! Trente ans, c'est pas la mer à boire.
Et puis, pour toi, c'est dans un an.

Bon. Pour ton bouquin, ne baisse pas les bras et continue d'écrire ! Affine ton style, soigne ta ponctuation et aies Ta pâte.
Et puis, si ! Ecrivain, c'est un vrai métier, mais très peu de gens en vivent. Je connais un auteur qui a une autre activité principale dans l'édition - activité qui ne lui plait pas -, qui travaille beaucoup, et bosse comme trois quand il s'agit de rendre son manuscrit dans les temps ; j'en connais un autre qui a préféré écrire des textes moins pointus mais plus lucratifs pour en vivre (le piège de certaines maisons d'éditions), et qui a disqualifié, voire fait oublié le travail de qualité qu'il avait fait antérieurement (a-t'il vendu son âme au Diable pour autant ? Ce n'est pas à moi d'en juger) ; il y a François Weyergans (que je n'ai pas encore lu), qui vit dans la pauvreté quand il n'arrive pas à rendre son livre dans les temps prévus avec l'éditeur...
Ecrivain, c'est un métier. Mais la très grande majorité des écrivains a une activité principale pour remplir sa marmite.
Tu as beau être passionnée et paraître excentrique, je te trouve particulièrement raisonnable (et bien plus que quelqu'un comme moi) : tu as fait de bonnes études, trouvé un "bon" travail (même si je sais qu'il ne te plait pas), tu es devenue priopriétaire à Paris avant trente ans, toute seule, sans l'aide de qui que ce soit (avec le soutien de ta famille, mais toute seule quand-même), et tu t'es forgée une vie, avec des bases qui t'appartiennent.
Tu écris depuis longtemps et tu aimes ça ; des gens aiment te lire et te le disent. Alors, continue ! "C'est en forgeant qu'on devient forgeron" et, comme me dit une amie, "c'est en écrivant qu'on devient "écriveron"".
Sur ce, "Mamie" Vendredi te fait des bisous ! ^-^

 
joumana
25-05-06 à 12:49

Re: T'as toute la vie, Joum' !

Oui je sais, mais on dirait qu'à l'approche de la trentaine, y a un "truc" qui se débloque en nous et qui nous amène tout plein de questions...

Merci pour tout ce que tu as écrit Vendredi (et tu n'es pas une mamie!), c'est tellement vrai.

Je t'embrasse.


 
Je sais plus mon nom
24-05-06 à 00:19

Je découvre et j'aime!
J'ai du retard, alors je vais le rattraper...

 
joumana
25-05-06 à 10:25

Re:

Bon courage alors ;-))

 
Rimbe
24-05-06 à 02:40

Ah ma chère Joum

Chère Joum, je vais te dire ce que je pense de tout ça – excuse la longueur du post.
 
Je n'ai guère l'occasion de passer bcp de temps sur la blogosphère, mais je viens toujours ici lors de mes rares dérades blogimentales. Malheureusement, je dois laisser carrière à d'autres obligations, je dois vaquer à d'autres devoirs – implacables démons du quotidien !



En ce qui concerne ton yoyotage, tu sais, moi, depuis que je suis fatigué de chercher, j'ai appris à trouver.  Depuis qu'un vent s'est opposé à moi, je navigue avec tous les vents. Où que tu sois, creuse profondément. A tes pieds se trouve la source! Laisse crier les obscurantistes : « En bas est toujours - l'enfer! ». Ne reste pas sur terrain plat! Ne monte pas trop haut! Le monde est le plus beau vu à mi-hauteur.
 
Je pense, du haut de mes 19 ans ;-), que ce qui te manque c’est le repos, la douce insouciance qui fait de la vie un miroir où les objets se peignent et sur lequel tout glisse, comme dit si bien Alfred.
 
Je crois te comprendre, quoique tu te sois exprimée peut-être un petit peu à la façon des ombres. Mais tu as eu raison : les bons amis se donnent çà et là, en guise de signe d'intelligence, un mot obscur qui, pour toute personne tierce, doit être une énigme. Et nous, nous sommes bons amis.
 

perspective d'une mission universelle.

 
Par Dieu et toutes les choses auxquelles je ne crois pas, tu as du talent. Tu sais, Michel Onfray s’est vu refuser moult manuscrits avant de décrocher un contrat. J’aimerais bien te contacter par email, je ne sais pas si c’est possible… Sinon, en parlant de politique (Clearstream tout ça tout ça), je suis à Washington DC, je fais un stage au sénat – j’ai la double nationalité – pendant ces mois sabbatiques entre deux facs et deux continents. Fort heureusement, je rentre au pays du coq le 9 juin, à temps pour la fête de la zik à Paris – cocorico ! Voilà, si c’est possible ça me ferait plaisir de pouvoir te contacter (ouh là c’était compliqué ça) ; mais si tu ne veux/peux pas, je comprendrai. A+ et bon courage !

 
Rimbe
24-05-06 à 02:48

Ooooops

Oops, désolé, c'est sorti chelou ça!

Je reposte:

Chère Joum, je vais te dire ce que je pense de tout ça – excuse la longueur du post.

Je n'ai guère l'occasion de passer bcp de temps sur la blogosphère, mais je viens toujours ici lors de mes rares dérades blogimentales. Malheureusement, je dois laisser carrière à d'autres obligations, je dois vaquer à d'autres devoirs – implacables démons du quotidien !

En ce qui concerne ton yoyotage, tu sais, moi, depuis que je suis fatigué de chercher, j'ai appris à trouver.  Depuis qu'un vent s'est opposé à moi, je navigue avec tous les vents. Où que tu sois, creuse profondément. A tes pieds se trouve la source! Laisse crier les obscurantistes : « En bas est toujours - l'enfer! ». Ne reste pas sur terrain plat! Ne monte pas trop haut! Le monde est le plus beau vu à mi-hauteur. 

Je pense, du haut de mes 19 ans ;-), que ce qui te manque c’est le repos, la douce insouciance qui fait de la vie un miroir où les objets se peignent un instant et sur lequel tout glisse, comme dit si bien Alfred. 

Je crois te comprendre, quoique tu te sois exprimée peut-être un petit peu à la façon des ombres. Mais tu as eu raison : les bons amis se donnent çà et là, en guise de signe d'intelligence, un mot obscur qui, pour toute personne tierce, doit être une énigme. Et nous, nous sommes bons amis.

Concernant ton désir de rigueur, de logique, de synthèse, Fred a raison : il faudrait des êtres plus spirituels que n'est l'homme, rien que pour goûter à fond l'humour qui réside en ce que l'homme se regarde comme la fin de tout l'univers, et que l'humanité déclare sérieusement ne pas se contenter de moins que de la perspective d'une mission universelle.   Bref, deviens ce que tu es, peu importe que tu sois rigoureuse ou pas!

Par Dieu et toutes les choses auxquelles je ne crois pas, tu as du talent. Tu sais, Michel Onfray s’est vu refuser moult manuscrits avant de décrocher un contrat. J’aimerais bien te contacter par email, je ne sais pas si c’est possible… Sinon, en parlant de politique (Clearstream tout ça tout ça), je suis à Washington DC, je fais un stage au sénat – j’ai la double nationalité – pendant ces mois sabbatiques entre deux facs et deux continents.  Crois-moi: ne t'intéresse pas à la politique, c'est une cause perdue d'avance.  Fort heureusement, je rentre au pays du coq le 9 juin, à temps pour la fête de la zik à Paris – cocorico ! Donc voilà, si c’est possible ça me ferait plaisir de pouvoir te contacter car j'ai cru comprendre que comme moi tu es parisienne (ouh là c’était compliqué ça) ; mais si tu ne veux/peux pas, je comprendrai. A+ et bon courage !


 
joumana
25-05-06 à 13:00

Re: Ooooops

...

Du haut de tes 19 ans, tu as compris beaucoup de choses.

....

Tu peux m'écrire à journaljoumana@yahoo.fr (mais je crois qu'elle ne fonctionne plus très bien ou en tout cas j'ai beaucoup de mal à y accéder), donc tu n'as qu'à me donner ton adresse, je t'écrirai d'une autre (que je ne souhaite pas donner ici!).

A plus tard!

 
joumana
25-05-06 à 13:06

Re: Re: Ooooops

Je confirme : je ne peux plus accéder à l'adresse que j'ai indiquée.
Donc voilà la nouvelle (et qui fonctionne!) : journaljoum@yahoo.fr


 
delest
25-05-06 à 00:10

Insupportables, ces demoiselles qui matent de jeunes éphèbes innocents et naïfs ...  J'espère qu'il a la fesse idéalement galbée, afin que les longues années de prison qui t'attendent aient au moins leur juste compensation !

A part ça, je note qu'on continue de filer au restaurant dés la première ligne.


 
joumana
25-05-06 à 10:24

Re:

Même pas : il a la fesse plutôt pleureuse!

Hé, c'était mon anniversaire. Et en plus, nous étions dans un bar, et nous avions apporté toute la nourriture alors hein ... mauvaise langue!!

;-))

 
elfiane
26-05-06 à 09:31

Re: Re:

happy birthday, alors^^

 
joumana
29-05-06 à 20:16

Re: Re: Re:

merci miss!

 
Phil
25-05-06 à 01:57

Au fait, j'aime bien tes photos!

 
joumana
25-05-06 à 10:21

Re:

Merci Phil!


 
Mel
28-05-06 à 09:54

Comme d'habitude, j'entre dans ton univers, je ris et j'arrive à la fin avec la gorge serrée.
Courage petite Joum, dépression ou pas, transforme tout ça en mots ... comme tu sais si bien faire!
Je veux tes bouquins sur ma table de chevet donc ne baisse pas les bras!


 
joumana
29-05-06 à 20:16

Re:

Ok, je lève les bras!

Bonne soirée Mel :-))


 
Feu
01-06-06 à 16:37

Ah, Joumana, tes articles sont toujours un tel plaisir à lire... Comme de petites boîtes à musique, mais avec une mécanique qui ne serait pas reglée de manière impeccable, parfaite, au sens "rigide", et "qui-ne-peut-pas-dévier". Un peu comme si la danseuse en tutu se mettait à se déhancher sur du blues, tu vois? C'est un peu comme ça que je la vois, ta vie. Une drôle de musique un peu décalée, qui a l'air si évidente et en même temps si complexe, et tellement charmante à suivre des yeux. ( J'espère aussi à vivre.)

Toujours est-il que tes articles s'espacent, à mon grand dam de lectrice qui en veut toujours plus, mais s'en font d'autant plus savoureux, car rares... Mais ne retiens pas cette dernière phrase, il ne faudrait pas que tu écrives (normalement, on dit "écrivisses", je crois, mais ça fait un petit peu snob, donc, hop, licence poétique) tous les deux mois, pour maintenir en haleine tes lecteurs impatients et ravis...!
Bref, je me délecte, comme ça chaque fois, même si je ne le dis (presque) jamais. Pour une fois, j'ai eu envie. Parce que ton abécédaire vagabond a des échos dans celui qui m'est propre, parce que parfois, il y a des phrases qui deviennent un peu miennes parce qu'elles sont tellement justes, parce que le bazar de ta vie me fait penser un peu au mien, et ça fait toujours sourire de voir qu'il y a des gens aussi (si ce n'est plus!) fous que nous.

Voili voilou Joumana, c'était juste ça.

 
joumana
05-06-06 à 09:47

Re:

Feu, tu as toujours le virus des jolies phrases, merci Mademoiselle, tes mots me touchent...

Oui, j'écris moins, j'ai moins de temps, alors j'attends le WE,et du coup, mes articles deviennent plus longs (oups).

Merci d'être passée.