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Un long dimanche de clichés

"Moi je préfère foncer tête baissée,
même si tête baissée j'y vois rien
j'irai au ciel ou en enfer ... qu'est-ce que je raconte,
je sais plus du tout"


The Cheap Show, Anaïs.




L'été est passé sur ma peau comme un orage.

Beaucoup de vent.
Mes certitudes montées en châteaux de cartes.

Et je n'ai rien rien écrit ici.

Pourtant.

J'aurais pu dire ces regards, ces gestes, ces peaux, ces odeurs, la main que j'ai tendue, et le miroir sur lequel je me suis fracassée, j'aurais pu écrire ces
 coins de rues, ces visages dans les vitrines, ces lambeaux de souvenirs attachés à mon corps, j'aurais pu raconter ces yeux inconnus que j'avais soudain, et comment je les ai fermés, vite, violemment, parce-que tout ça, c'est juste une histoire de désir, puis sous le voile noir de mes paupières, j'aurais pu dire cette route que j'ai traversée, ce destin que j'ai essayé d'attraper, j'aurais pu crier que je me croyais invincible, que rien ne pouvait transpercer l'enveloppe dans laquelle je me terrais, puis j'ai ouvert les yeux, et j'étais de l'autre côté de la rue, ébahie, j'aurais pu écrire ces défis sans âme que j'ai lancés à mon corps, et comme j'étais devenue lasse, j'aurais pu dire qu'au tout début de mon silence, entre deux pas sur les pavés brûlants, elle avait dit ton problème, c'est que tu ne désires pas assez, et je m'étais sentie très poreuse soudain, un mauvais pressentiment entre les doigts, elle avait rajouté on va écrire sur le désir, un grand vide s'était creusé en moi instantanément, alors j'aurais pu dire ces textes écrits à l'encre de ma solitude, j'aurais pu dire ces heures blêmes, j'aurais pu écrire l'odeur insupportable des désirs qui se meurent.

Et même plus.


Dimanche dernier, 8h30.

Un truc froid et poilu sur mon nez me fait sursauter.

Euh c'est quoi ce délire ?

8h31.

J'ouvre un oeil.
Ah oui.
C'est vrai.

"Ah... Bonjour Brad ... Alors je t'explique, voici la 26ème règle de vie dans cet appart : je DORS LE DIMANCHE MATIN, OK??".

8h32.

Deux yeux dorés étonnés me fixent.

Brad ne comprend pas, Brad trouve que c'est très drôle de mordiller mon nez et de me faire un shampoing avec sa langue râpeuse et son haleine de croquettes.

Brad est un chaton de deux mois et demi.
Brad est mon nouveau colocataire.
Brad est le résultat d'une décision prise en cinq minutes.
Alors que mon frère venait de le sauver de la piqûre chez le vétérinaire.

"Et tu changes pas le prénom que je lui ai donné, HEIN JOUM???"
"..."
"Il s'appelle Brad."
"HEIN?? Mais comment tu veux que j'assume d'avoir un chat qui s'appelle BRAD???"
"Brad, ça pète."
"..." 

Je sens l'odeur de peluche entre les deux oreilles noires.
Brad est ma plus jolie décision de la semaine dernière.

8h34.

La plus fatiguante aussi.

8h35.

J'enlève mon téléphone portable des griffes de Brad.
Brad déteste Boobs.
Parce-qu'il le réveille souvent.

8h40.

Du haut de ma mezzanine, je balance ma couette et les oreillers sur le canapé.
Je descends. 

Dans mon évier, des verres entassés.
Des bouteilles vides.
Des souvenirs épars.
Des souris en peluches sur mon parquet.

Un soutif par terre.

8h45.

Je vais faire pipi.
La lumière d'appoint-parce-que-j'ai-la-flemme-de-changer-le-néon, couleur disco, me vrille les pupilles.
Je m'assois.
La cuvette des toilettes, mal-fixée-parce-que-j'ai-la-flemme-de-la-réparer, tombe.
Je tombe.
Je crie. 

Une fesse dans le vide. 

8h50.

J'avale deux comprimés de Doliprane.

9h.

Je m'enveloppe en sushi dans ma couette.
Sur le canapé.
J'allume mon portable.

9h02.

Vous avez un nouveau message. Hier, à 19h05.

Mon ami-de-Lyon.

"Bon je pars à une soirée indienne, tu me verrais, tu rigolerais, je porte une Kourta (*), j'ai l'air RI-DI-CU-LE!!!"

Hein, une  quoi??

9h05.

Message reçu hier à 2h29.

Le Canadien.

"Moi aussi". 

Ah.

Euh ... pourquoi est-ce que rien ne m'apparaît cohérent ce matin ?

9h07.

Bon je ne trouve toujours rien de cohérent dans ce bordel qui m'entoure.
Je vais me chercher un yaourt.
Je me sens très fatiguée.

Et la cohérence, je m'en tamponne la foufoune.

9h10.

Assise.
Le corps douloureux.
Le manque de sommeil imprimé dans chacun de mes gestes.
Je feuillette ce livre Double vie (**).

"Tant qu'on ne connaît pas les fantasmes de l'autre, on ne sait rien de lui. C'est comme si on ne l'avait jamais pénétré."

J'ai cette mélancolie douce des matins silencieux.

Et j'aurais pu dire ses mots à Lui, en filigrane, ces pointillés qu'il a dessinés sur ma peau, ce film (***)  qui criait l'évidence, "L'amour, c'est vivre dans l'imagination de quelqu'un", j'aurais pu pleurer ces errances la nuit, mes bras autour de mon frère sur la moto, ses cris à travers le casque, je sais pas où on va soeurette, mais on y va, j'aurais pu dire ce sourire de lui, nos désirs entrelacés à nos mots, j'aurais pu écrire que j'ai trouvé ça beau et désastreux à la fois, j'aurais pu dire qu'on avait bâti ensemble un insupportable fantasme, j'aurais pu dire ces soirées improbables pour achever de tout noyer, ces rêves de communauté, de voyages, d'être en danger, d'apprendre une autre langue, j'aurais pu dire ce désir après lequel je courais, dans les regards, sur les corps, au fond de moi, j'aurais pu dire cette évidence épidermique, lui, nos retrouvailles derrière ma porte, sa main sur mon cou, et mon désir qu'il avait gardé caché entre ses doigts, j'aurais pu écrire merde son odeur, merde nos rires, merde nos bouches soudées, mille fois merde ma poitrine hurlante, j'aurais pu rire de ce chauffeur de taxi que j'ai obligé à mâcher mes chewing-gums à la pastèque, et à qui j'ai raconté ma vie en cinq minutes, j'aurais pu dire cette nuit au parfum de surréalisme, j'aurais pu dire ses mots d'après, mes doutes d'après, j'aurais pu dire ces minutes longues comme mille vies, brèves comme un éclair, j'aurais pu écrire ces mots griffonnés dans le carnet bleu : et si je savais où aller, si je savais les lendemains, si j'osais n'être qu'à un seul homme, si je décidais de m'abandonner, un peu, toujours, si j'arrêtais l'étourdissement, les paillettes, les jouissances fugitives, les matins tristes, si je regardais autour de moi, si j'apprenais à désirer plus, si je ne me mentais plus, si je me pardonnais?

9h30.

Je regarde un épisode de Sex and the City.
Je trempe des cookies dans mon yaourt.
Brad dort dans mon cou.
Je trouve que Carrie devrait quitter Mister Big.

Elle le quitte.
J'ai envie de pleurer.

Je finis la boîte de cookies.

10h.

J'appelle MMA.

 "Mmmmm ah c'est toi ... JOUUUUUUM, OUI tu me réveilles, je m'étais rendormi ... Boulette est surexcitée, elle court partout, alors que je lui ai fait un CHARMANT coin-lunch, pffff quelle ingratitude, dis, on fait quoi avec ces chats hystériques??? AIIIIIIE, BOULETTE!!! Putain mais je vais lui faire une French Manucure à celle-là!!!".

Boulette, soeur jumelle de Brad.

Je ris.
J'entame le paquet de palets à la noix de coco.

10h15.

J'allume une cigarette.

AAAAAAAAAAAAAAH.

C'est l'anniversaire de ma mère.

10h16.

Euh ... Mais quel âge a-t-elle?

10h18.

"Bon anniversaire Mummy!"
"Merci ma Bichounette!"
"Mummy, je peux pas venir cette après-midi, je suis un peu patraque, tu sais, avec  ..."
"Pas grave, on n'est pas rentrés de toute manière, on s'est couchés à 4h du matin, dis, l'ex de Richard Berry était à notre table, au mariage de ma chef, elle est hyper sympa, bon j'ai pas laissé mon mec à côté d'elle, tu comprends, on sait jamais avec CES MECS HEIN!"
"..."
"Aaaah et la mariée était bellllllllllle, je t'envoie des photos dès que j'arrive à la maison, tu sais, elle a un frère SU-PER beau et célibataire!"
"..."
"MAIS NON NON pas pour toi, il est VERSEAU, et tu sais très bien que l'homme Verseau n'est PAS DU TOUT POUR TOI!!"
"Mais j'ai rien dit je te signale!"
"Bon bon, écoute Bichette, je peux pas trop parler, fais attention à ta tension, repose-toi bien, je dois te laisser, on petit-déjeune, tu fais quoi au fait?"
"Euh, je regarde Sex and the City ..."
"Avec ton chat?? Ma fille, tu t'enfonces dans le cliché!"
"..."

10h30.

Je regarde mes cernes dans le miroir.
Je soupire.
Je me fais un thé au citron.
J'allume une cigarette.

10h35.

Je me remets en position-sushi.
Mon chat en écharpe.

Cliché, moi?

11h.

Foufoune sonne.
MMA crie dans mon oreille gauche.

"Bon tu fous quoi??Tu fais pas comme d'habitude à traîner toute la journée OK?? Tu te bouges un peu, je veux pas entendre que t'es malaaaaaade, allez, HABILLE-TOI MERDE ET SORS T'AERER!!".

J'éloigne le téléphone.
J'aime mon pyjama.

11h05.

"Jure que tu ne me traîteras plus JAMAIS d'évier alors!"
"..."
"JURE!!!"
"Mais j'ai dit ça parce-que t'es BOUCHEE ma vieille, BOU-CHEE!!"
"..."
"ok, c'était nul ma blague."
"..."

11h30.

Mode-sushi.

12h.

Scissors Sisters.
I don't feel dancin'.
Je danse un peu.
Je lis le Libé.

De jeudi. 

12h20.

Je suis à la fenêtre.
En face, mon voisin pose sa main sur les seins de sa femme.
Je regarde un peu.
Voir si l'homme va passer à l'étape dégustation-de-foufoune.

12h22.

La voisine passe à l'étape dégustation-de-zizi.
Je mets mes mains sur les yeux de Brad.

"OH C'EST ENCORE UN BEBE JE VOUS SIGNALE!!"

12h25.

Je note "des rêves à rapiécer", "les bruits de l'été", "la vie des autres" sur mon carnet.
Je note syncrétisme=combinaison de plusieurs systèmes de pensées, de plusieurs doctrines.
Je me dis que je vais avoir du mal à le placer celui-là.

Je note cette phrase entendue dans Love Song.
"Happiness makes up in height for what it lacks in length".
De Robert Frost.

Je lave deux verres.
Je mets des croquettes à Brad qui ronronne comme une locomotive.
Ce chat est un chouïa boulimique.

Je me sens optimiste, cynique, désabusée, joyeuse, mélancolique.
Fébrile.
Je danse. Je chante. Je fixe les murs.
Apathique.

Et j'aurais pu dire ces draps froids, cette nuit blafarde, ce matin sans repères temporels auxquels me raccrocher, j'aurais pu écrire le lit de ma mère, mon corps allongé, ma tête lourde, demain n'existera pas, dis, maman, peut-on peut tuer les lendemains, j'aurais pu dire que soudain je n'ai plus su quoi faire de cette âme qui chantait tristement en sourdine, dis, maman, peut-on tuer hier, avant-hier, et avant-avant-hier, j'aurais pu dire combien la nostalgie est une traîtresse, combien j'ai embrassé mes souvenirs de toute ma peau, pour mieux les quitter, combien j'y ai cru à ce deuil, j'aurais pu dire que les images qui ressurgissent sont cruelles et implacables, et que l'on ne devrait jamais recroiser les désirs d'antan, jamais réouvrir les tombes, j'aurais pu dire combien les profanations ont un goût amer, et j'aurais pu dire ces envies en pagaille, ces  écoeurements, ces fantasmes, ce besoin récurrent de fractures, et ces paradoxes qui s'affrontent sans cesse, j'aurais pu dire ces fils emmêlés entre mes tempes et ce brouillon que j'avais fait de ma vie.

Vive le syncrétisme.

12h40.

Baignoire.
Mon corps plié.
Gel douche qui sent le chocolat.
L'eau brûlante.
Je soupire.
Mon corps déplié.

"Pardon mamie"

12h55.

Je danse en sortant de la baignoire.
J'envoie mes bras partout.
Je fais tomber tous mes colliers.
Je crie.
Je danse encore.
Je mets de la crème hydratante.
Je demande à Brad s'il m'aime.

Et je refuse de me coiffer le dimanche.

13h10.

Je chante.
Brad poursuit une souris entre mes pieds.
Et s'attaque violemment à mon soutif.
Je coupe mes ongles.
La brosse à dents dans la bouche.
Je mets de la javel sur une éponge.
J'ouvre ce livre Polococktail Party (****).
J'oublie l'éponge.

Je lis cette phrase : "Nous sommes obligées d'user du grand mal, du vrai mal réservé aux adultes, de boire de l'alcool, toucher les hommes, fumer des cigarettes."

13h20.

J'enfile mon peignoir.
Je lis une interview de Nathalie Baye.
Je la trouve belle.
Brad massacre le visage de Nathalie Baye

"Brad, écoute-moi, ceci est la 27ème règle de vie dans cet appart : tu DOIS respecter les femmes!"

Brad s'en fout, Brad est parti se suspendre aux rideaux.
Je me rappelle de l'éponge pleine de javel.

13h40.

Je fais mon CV.

Et j'aurais pu raconter mon boulot, mon manager qui a cédé, et cette mission que je quitte enfin en décembre, j'aurais pu raconter les histoires de Moustache avec son nouveau mec, ses questions qui nous tuent : "mais je voudrais savoir, lorsqu'un homme maigrit, maigrit-il aussi du ... pénis?", j'aurais pu dire ces rires en salle-fumeurs, avec mon p'tit-collègue, j'aurais pu écrire cette immense lassitude, mes coups de gueule, et ces barrières qui sont définitivement tombées, "il faudra noter l'impertinence de Joum sur le compte-rendu de réunion", j'aurais pu parler de ces étiquettes que j'ai envoyées valser, de cette emphase que je n'ai jamais quittée, de mes "je m'en fous" qui exaspèrent mon chef, et de Moustache qui écrit qu'elle est "la chenille devenue papillon qui éblouit", j'aurais pu dire ces échappées incessantes, pour respirer, ces livres que j'ai lus, ces films que j'ai vus, ces concerts auxquels j'ai vibré, les quais arpentés, j'aurais pu dire la Bretagne avec mon ex-coloc, les couleurs sur la mer, les couchers de soleil, les barbecues, le youkoulélé, le kouign aman, les gamins aux yeux bleus, les sardines trop grillées, la piscine à 4h du matin toute habillée, la pêche, les bâteaux, nos chuchotements dans la nuit, nos fous rires étouffés, le pipi dans l'océan, en bikini au milieu des pêcheurs, j'aurais pu peindre la courbure de la Terre du haut d'une falaise si l'on n'avait pas été plus préoccupées par nos culottes trempées par la pluie.

13h45.

Mon CV me gonfle.

Et j'aurais pu confier que je me suis sentie paumée, que MMA a accroché mon tableau dans son salon, a pris un crédit pour ses impôts, que je me suis mise dessus avec lui, et j'aurais pu dire nos deux billets pour la Grèce pris en quelques minutes, j'aurais pu alors dire la mer, les maisons blanches, le ciel bleu, cet horizon à couper le souffle, MMA et moi sur les ferries, sur les scooters, les orteils dans l'eau transparente, mon oeil gonflé, mes grandes lunettes, mon haut jaune fluo, MMA qui m'appelait Jackie Kennedy, ou Paris Hilton, ma passion pour le Tzatziki, le vent qui nous faisait des gommages naturels, les mille fois où on a failli mourir en scooter, j'aurais pu dire les yaourts au miel, le vent qui s'engouffrait sous ma jupe, les petits homos rencontrés, l'Espagnol et la vieille dame Grecque très bavarde aussi, l'Ouzo sur les terrasses, les chats maigres, mes pleurs de fille-qui-a-ses-règles, les plages désertes, les overdoses de nourriture, les overdoses de paysages manifiques, ces douze jours incroyables dans les Cyclades, Naxos, Amorgos, Ios, Folegandros, Santorini, et enfin Athènes, nos 500 photos, nos disputes bruyantes, fulgurantes, nos rires en rafale, les dédales de rues, les villes accrochées au flanc des falaises, les monastères, la nature qui explose dans les pupilles, ce retour à contrecoeur, l'équipe de France d'Athlétisme dans le même avion que nous, tous ces souvenirs blottis dans un coin de tête, mon bronzage léopard, ce décalage immense dans le RER et j'aurais pu raconter l'histoire du gloss qui s'allume dans le noir, celle qui réveille nos rires chaque fois que je le sors de mon sac.

14h10.

Je lis un mail d'elle.

"C’est aussi pour cela que l’on écrit : parler sans être interrompues, approcher le fond de nos sales petites âmes."

Je trie les textes écrits avec elle.
Nos écritures qui s'entrelacent, se quittent et se répondent.
Bientôt, tout sera prêt. Et envoyé.

J'y crois à ce projet. Avec elle. 

Et j'aurais pu raconter les 24 ans de mon frère, cette fête, tout ce monde dans cette salle, le sourire de mon frère, la musique, ces yeux qui brillaient, ces corps nébuleux, ces désirs en fragments entre nos doigts, j'aurais pu dire ces rires qui ont résonné longtemps après, cette église imposante dans l'aube, la mélancolie entre les pierres, mon corps perdu dans les heures blanches du matin, j'aurais pu dire le vieux piano aussi, j'aurais pu hurler cette vieille image désossée de corps sans contours, j'aurais pu hurler ces photos poussiéreuses qui m'échappaient, ces écrits pour fixer l'instant, j'aurais pu rire de ces neuf refus des maisons d'édition, de mon orgueil piétiné, et de mes espoirs qui se sont effondrés.

14h30.

Je doute.

J'ouvre le dictionnaire.
Au hasard.
Je fais glisser mon doigt.
Les yeux fermés.

Je les ouvre.
Mon doigt pointe sur Jean-foutre, nm, inv, Pop, Incapable.

Pfff.

14h32.

Je me dis qu'il faut que j'arrête de chercher des signes. 
Partout, tout le temps.
Et puis Jean-foutre, c'est moche comme mot.
Et PAS DU TOUT glamour.

14h33.

Or, JE suis glamour.

14h34.

J'ai faim.

Je trouve un bout de quiche dans mon frigo. 
Je mange ma quiche debout.
Je bois du Coca Light.
Je mange du chocolat.
Je donne des coups de pied dans une souris en peluche.

Brad dort les pattes en l'air.

14h35.

Je veux être un chat.

14h40.

Mode-sushi.

Et j'aurais pu dire les 15 ans de mon p'tit frère qui porte une fausse boucle d'oreille parce-que "c'est style", les 30 ans de mon ami-de-Lyon, ce week-end à Lyon avec mon ex-coloc chez mon pote-de-DEA et sa petite femme, elle enceinte, belle avec son ventre rond, cette soirée, mon pote-de-DEA avec sa capuche, mon ami-de-Lyon qui vient avec des fleurs pour chacune de nous, et qui me dit "mais Joum je préfère les jeunettes de vingt piges" lorsque je lui offre ce livre Eloge des femmes mûres, la vodka, et les discours emplis d'ivresse joyeuse, les bras qui s'entourent aussi, et cette terrasse du dimanche soir, j'aurais pu raconter les p'tits-mariés enceints eux aussi, mon premier amour, et un ami-du-lycée, eux aussi, collègue-hyper-costaud-zen papa d'une petite fille couleur caramel, j'aurais pu écrire le PACS de mon frère et de sa cop's, les familles réunies un dimanche soir autour d'une raclette géante, j'aurais pu parler de son départ, pour l'école de Gendarmerie, j'aurais pu dire mon frère, cet homme qui est né dans ses regards, cet enfant qui surnage dans son sourire, cette photo sur mon portable, son crâne rasé, son uniforme, "pour que tu rigoles aussi", j'aurais pu dire mon sourire un peu triste, et ce temps qui court entre nos doigts.

Je fume.
Je mets du parfum.

Je ne vois pas le temps qui passe.
Je n'arrive pas à savoir si c'est effrayant ou rassurant.

14h50.

Foufoune sonne.
MMA.

"Joum, bordel, on fait quoi? Tu viens avec ton chat? On sort se promener? On va au ciné? On mange japonais? DECIDE UN PEU! Bon rappelle-moi quand tu décolles, mais dis-moi, t'es HABILLEE??? QUOI?? Mais t'as vu l'heure qu'il est???".

Je dis oui oui.

15h.

J'appelle mon p'tit-collègue.

"ALLOOOOOO, tu fais quoiiiii?"
"Je suis avec Zazie!!"
"Ah sympa, elle va bien?"
"Ouais, bon ok je regarde mes DVD. En fait, hier soir, j'ai bu."
"..."
"Bah ouais j'étais avec une copine et son copain et bon, tu vois, je voulais pas passer pour la GROSSE TARLOUZE DEPRESSIVE!!
".
"..."

15h15.

Je pense à nos excès.
A nos fêtes.
A nos fous rires surtout. 

Je pense aux hommes.
A leur constance inconstante, leurs certitudes. A leur douceur aussi.
A mon inconstance constante, à mes doutes. A ma violence aussi.

Et j'aurais pu raconter notre soirée "tous les mecs sont des cons" avec mon p'tit-collègue-nouvellement-célibataire, notre ivresse bruyante, mon appart qui déborde soudain de copains, notre ivresse oublieuse, les évenements qui échappent à notre compréhension, mon voisin Rahan-Kurt-Cobain en train de hurler "de la bière Chérie!", j'aurais pu dire comment je me suis ouvert le bras, comme on a fini à la fête d'anniversaire de ma voisine du rez-de-chaussée, pour ses dix-huit ans, comme on est tombés dans les plantes, comme j'ai dansé, j'aurais pu dire les bras rassurants de cop's-Sicilien, j'aurais pu hurler mes envies de tendresse, j'aurais pu écrire que le lendemain j'étais comme ces verres sur mon parquet, en mille morceaux, j'aurais pu dire le Mondial de l'Automobile, le stand VIP grâce à Sergent-Chef,  le champagne, les vodkas-martini, la fondue au chocolat, les cris de Sergent-Chef, "faites au moins semblant de vous intéresser aux voitures et les garçons, épongez-vous le front, vous TRANSPIREZ!!", comme je me suis trouvé un fiancé de plus de 50 ans, qui m'appelait "la tatouée", j'aurais pu raconter comment je me suis paumée dans le Marais à minuit et comment j'ai retrouvé mon p'tit-collègue dans un bar, j'aurais pu dire tout ce que je blablatais tranquillement pendant qu'il vomissait dans le lavabo, comme je me suis aperçue alors que nous étions bras-dessous, bras-dessus dans la rue, que mon manager m'avait envoyé un texto à 23h, et comme j'ai trouvé que ma vie partait dans tous les sens.

Je pense à ces 30 ans qui se profilent.
Et à mes cheveux encore plus courts.

15h35.

Je consulte mon compte en banque sur internet.

15h46.

J'arrête de consulter mon compte. 

15h47.

Je pense à la paire de bottes que je veux, au short et à la robe-pull aussi.
A tous ces livres qui s'entassent en piles hasardeuses sur mes étagères.
Et qui en réclament d'autres.

J'ouvre ce livre Ecrire de Marguerite Duras, je note ce passage : "Ecrire, c'était ça la seule chose qui peuplait ma vie et qui l'enchantait. Je l'ai fait. L'écriture ne m'a jamais quittée".

Je promets de me procurer ses "Carnets de la guerre et autres textes". 

15h50.

Je pense qu'il faut d'abord que je paie la taxe d'habitation.
Que je règle mes problèmes avec les Impôts.
La banque.
La Sécu.

15h52.

Pffff.

15h53.

Je trouve Brad couché dans mes sous-vêtements.
Je mets la musique. Fort.
Je maquille mes yeux.
Je remets un épisode de Sex and the City.

Je souris.
Je voudrais vivre des choses fabuleuses.

16h.

Foufoune sonne.
Cop's-p'tite-soeur me détruit le tympan gauche.

"JOUUUUM!!!"
"OUIIIIIIII?"
"Tu fais quoi?"
"Je regarde Sex and the City!"
"AAAAAAAAH ALOOOOOORS, t'as vu, Carrie, c'est toi! Elle écrit AUSSI EN FUMANT!!"
"Bah comme beaucoup j'imagine!"
"Ouais mais ... T'as un Mister Big aussi!"
"Mmmmm, mouais bof."
"Putain tu verras dans la 4ème saison, il .. NAN je te dis rien!! Mais tu sais, moi j'adore Samantha, dans la dernière saison, elle me fait pleurer ..."
"Ah oui?"
"Ouais, elle ... NAN je te dis rien!! Ah et tu verras, il y en a une qui va se marier, mais après avoir eu un enfant ... "
"Qui??"
"Bah ... NAAAAAN je te dis rien!! On se fera un debriefing dès que t'auras tout fini, oh la la, vivement que tu vois la fin, y a ... "
"Et Mister Big, il devient moins lâche??"
"En fait, il ... NAAAAAAN j'arrête, c'est comme si je te disais la fin de ... TON HISTOIRE A TOI!! Allez je dis plus rien!!"
"..."


16h15.

C'est officiel.
Je suis dans tous les clichés de la pré-trentenaire.

16h20.

Cliché pour cliché, je continue mon épisode.
Et je fume.
Brad sur mes genoux.

16h21.

AAAAAAAAAAAAH. Horreur.

Les filles de Sex and the City ont le même film préféré que moi.
Nos plus belles années.
Robert Redford, Barbra Streisand.

Ma vie entière est un cliché.

16h22.

Robert Redford est vieux maintenant.

17h.

J'enfile mon jean.
Mes ballerines.
J'ébouriffe mes cheveux.

17h05.

Je suis enfin prête.
Je n'ai plus de clopes et MMA fait une crise de nerfs.

17h10.

Je suis dans la rue.
Avec mon chat.

17h15.

Une horde de gamines me sautent dessus.

"AAAAAAAAAAH c'est un BEBE-CHAT!!!"
"Euh oui"
"Je peux le voir, je peux le voir, JE PEUX LE VOIR!!"
"Oui oui, on se calme les filles!"
"OUAAAAAAAAH mais il a quel âge?"
"2 mois et demi!"
"Je peux lui faire un bisou?"
"Moi aussi, moi aussi, moi aussi!"
"ET MOI AUSSI, je peux l'embrasser beaucoup?"
"..."

17h17.

Cinq gamines ont la bouche collée au panier de Brad.

17h20.

"Bon les filles ..."
"Et il s'appelle comment?"
"Brad."
"BRAD, BRAD, BRAAAAAAAAAD!!"
"..."
"Et tu me donneras un bébé de Brad?"
"Euh ..."

Regard suppliant de la petite.
J'oublie l'idée de lui expliquer que d'ici six mois, Monsieur Brad sera eunuque.

"Euh oui oui, je t'en donnerai un!"
"OUAIIIIIIIIIS, t'as entendu Brady, TU VAS ME DONNER UN DE TES BEBES!!"
"..."
"Bon arrête toi, la dame doit partir travailler, hein Madame?"
"Euh, déjà je ne suis pas une DAME, bon ok ok, je suis aigrie, enfin non, enfin si, enfin BREF vous êtes trop jeunes pour comprendre, BREEEEF, bon, ensuite, je ne vais pas travailler, on est dimanche!"
"..."
"Quoi, qu'est-ce que vous avez??"
"Mais ... MAIS C'EST DIMANCHE AUJOURD'HUI MADAME???"
"..."

17h25.

"Bon les filles, je dois vraiment partir!"
"On peut lui refaire un bisou STEUUUUUPLEEEEEEEEEE MADAAAAAAAAAAAME!!"

Et hop, les cinq bouches collées au panier de Brad.

"Tu promets que tu repasseras par là plus tard?"
"Oui, ne vous inquiétez pas les filles, j'habite au bout de la rue donc on se recroisera forcément"
"D'accord, et si tu passes pas, on VIENDRA SONNER A TA PORTE!!"
"..."

17h26.

Je quitte mes nouvelles copines.

17h27.

J'entends derrière moi les filles qui crient.

"BRADY, BRADY, AU REVOIIIIIIIIR BRAAAAAAAAAAAAADY!!"

17h28.

Hum.
Je ne suis pas sortie de l'auberge.

17h40.

Métro.
Pussy sur les oreilles.
Jeff Buckley.
Des regards.
Des sourires.
Les pattes de Brad autour de mes doigts.

Je ne veux pas être "une dame".

18h.

Je tambourine à la porte.
MMA m'ouvre.

"Bah t'en as mis du temps, t'as fait quoi en chemin???"
"..."

18h02.

"Regarde Joum ... J'ai collé des fleurs dans le coin-lunch de Boulette, C'EST PAS MA-GNI-FI-QUE, ça fait très ambiance-lounge je trouve!!"
"..."

19h.

Les chats courent partout.
Hystériques.
Je force MMA à regarder Sex and the City.
On mange de la tarte au citron vautrés sur son lit.

20h.

J'aime le dimanche soir.
Ce soir.

22h.

Je rentre chez moi.
A pied.
Brad sous le bras.
Dans les rues mouillées.

Et j'aurais pu dire ces gens croisés, cette chanteuse à la gorge ivoire, et aux bras laiteux, poupée fragile, ces couples enlacés, ce vieil homme ivre qui riait d'un rire éraillé, élimé, j'aurais pu écrire ces murs effleurés, cet horizon que je ne distingue pas, les immeubles sont trop hauts, comment voir au-delà des façades, j'aurais pu dire cette musique qui m'explose les tympans, qui me rend triste, perdue, vivante, j'aurais pu peindre cette ville qui grignote nos ventres, ces solitudes en forme de corps qui se cognent, j'aurais pu dire ce matin où cet homme se lavait au robinet, dans une station de métro, ces regards sur lui, ces regards qu'il n'a pas choisis, j'aurais pu dire mes larmes qui ont perlé instantanément, pour cette intimité exposée, bafouée, volée, j'aurais pu parler de cet email une après-midi, de ce choc sans bruit, j'aurais pu tenter de mettre des mots sur la mort de cet homme, sur son infinie solitude, sur cette fin sans bruit, sur mes pleurs dans le métro, j'aurais pu dire comme je me suis sentie bancale les soirs suivants.

23h.

J'appelle mon ami-de-Lyon.

"Hellooooooooooo!!"
"Ah salut Joum"
"Dis, c'était quoi ton histoire de soirée indienne et de kourka-je-sais-pas-quoi??"
"Une KOURTA! Bah hier, c'était la fête du Dieu Diwali (*****)!"
"HEIN??"
"Bon écoute, je sais pas qui c'est non plus, un truc avec des lumières il me semble, tout ce que je sais, c'est que j'avais une espèce de chemise bizarre et qu'il n'y avait que des couples, alors J'AI PICOLE!"
"..."


23h30.

Je me brosse les dents.
Et c'est l'instant où Brad décide qu'il a une FOLLE envie de jouer.

Minuit.

Brad pelotonné dans mon cou.
Je ferme les yeux.
Enfin.

Cette nuit-là, je ferai un rêve où je m'arracherai les dents, où j'essaierai de les remettre un peu partout sur mon corps, à la manière d'une muraille de dents sur la peau. Et je ferai de l'escalade en portant des bébés coccinelles. Que je ne dois absolument pas faire tomber. Sous peine de n'avoir jamais trente ans.

Je me réveillerai en souriant, avec un goût étrange sur la langue.

Et j'aurais pu, oui, j'aurais pu dire ces bribes d'été encore attachés à mes pas, j'aurais pu dire que la vérité, c'est que l'on n'oublie rien, les histoires ne se remplacent pas, les mains restent imprimées à la surface de la peau, les odeurs restent nichées au creux des narines, j'aurais pu écrire que l'on porte chacun de ces désirs, chacun de ces regards, la vérité, c'est que tout peut renaître d'un geste, d'un mot, j'aurais pu écrire que tout ça, c'est juste une histoire de désir, qui naît, qui meurt, qui renaît, et ça n'en finit pas, j'aurais pu dire qu'au cimetière de nos désirs, les âmes ne reposent pas en paix, j'aurais pu dire qu'on baigne tous dans d'immenses paradoxes, qu'il n'est nul besoin d'essayer d'en comprendre le sens précis, qu'il faut peut-être juste accepter de vivre avec tout ça, j'aurais pu, mais je n'ai pas pu.

J'avais, je crois, besoin d'intimité.

Aujourd'hui, je ne sais pas où je vais.
Ni avec qui j'y vais.
Ni pourquoi j'y vais.

Mais pour la première fois depuis longtemps, je peux te le dire.
Je me sens.
Simplement.


Moi.




(*) Kourta : longue tunique traditionnelle chez les Indo-Musulmans.
(**) Double vie, Pierre Assouline.
(***) Par-delà les nuages, Michelangelo Antonioni.
(****) Polococktail PartyDorota Maslowska.
(*****) Diwali : la plus célèbre des fêtes du calendrier hindou, qui marque le début de la nouvelle année. Aux alentours du 4 novembre, l’immense sous-continent se pare de millions de petites flammes, pour un festival tout en lumière que l’Inde aime tant qu’elle le fait durer cinq jours.

Ecrit par Joumana, le Samedi 28 Octobre 2006, 11:09 dans la rubrique Chabadabada.

Commentaires :

Vendredi
28-10-06 à 12:15

Ah ! Enfin !

Coucou !
J'ai adoré le moment où tu as caché les yeux de ton "bébé-chat"
:-)

 
joumana
06-11-06 à 19:25

Re: Ah ! Enfin !

Il faudrait aussi que je songe à lui boucher les oreilles, le pauvre ;-))

Bisous Vendredi!


 
Vendredi
06-11-06 à 19:27

lol

Eh ! Bien. Quel voisinage !

 
Phil
28-10-06 à 12:18

Joum, ne pars plus ok?
Quelle vie dans tes textes!

:-)


 
joumana
06-11-06 à 19:26

Re:

Je vais essayer...:-))

 
Lost-Elora
29-10-06 à 10:52

Moi aussi, je veux un coté lounge pour mon chat!!
Je voulais aussi l'appeler Boulette, mais j'ai pas osé! lol


 
joumana
06-11-06 à 19:27

Re:

Alors il faut que tu lui mettes une petite fleur dans un vase près de sa gamelle (véridique!!)

Pourquoi? Boulette, c'est classe :-))


 
Celine1983
29-10-06 à 19:24

...

Et bien moi j'aime quand tu te sens TOI (j'ai beaucoup ri) moi mon chat c'est mowgly c'est pas moi qui ai choisi son nom mais il m'aide dans les moments de solitude...

Et toi ben tu m'aides à me sentir un peu plus MOI et à mettre des mots sur ce que je ressens... Et ça c'est super fort alors arrête jamais d'écrire.

Et merci d'être là à chaque fois que j'ai besoin j'ai apprécié ton dernier mail vraiment ;-)

Bisous tout pleins

Céline


 
joumana
06-11-06 à 19:28

Re: ...

Oui, un chat, ça écoute tout ce que tu as à lui raconter!

Oh je vais pas arrêter de sitôt, je suis bien trop bavarde ;-))

Je te réponds bientôt d'ailleurs...

Bisous miss Céline!

 
Je sais plus mon nom
29-10-06 à 20:52

Merci pour ces tranches de vie toujours aussi drôles et émouvantes.
Dommage qu'elles se fassent plus rares...

J.

 
joumana
06-11-06 à 19:30

Re:

Oui je sais, mais j'ai du mal avec le temps, le bordel dans ma tête, le chat, les RER, le chocolat, tout ça quoi ;-))

 
Je sais plus mon nom
29-10-06 à 21:52

"j'aurais pu dire qu'au cimetière de nos désirs, les âmes ne reposent pas en paix, j'aurais pu dire qu'on baigne tous dans d'immenses paradoxes, qu'il n'est nul besoin d'essayer d'en comprendre le sens précis, qu'il faut peut-être juste accepter de vivre avec tout ça"

Merci pour cette phrase. Tu peux pas savoir le bien fou qu'elle m'a fait...
Merci aussi pour ta joie de vivre communicative!

Une lectrice timide :-)


 
faustinia
30-10-06 à 08:14

Re: très joli texte

De mieux en mieux, toujours ...
c'est quoi ce mail, avec la mort de cet homme ?
bisou
TTT

 
celine1983
30-10-06 à 19:02

Re: Re: très joli texte

je me suis posée la même question mais j'ai pas osé demander :$

bisous à toutes les deux

Céline


 
joumana
06-11-06 à 19:52

Re: Re: Re: très joli texte

Je te dirai...


 
joumana
06-11-06 à 19:51

Re: Re: très joli texte

Bisou toi ;-))

 
joumana
06-11-06 à 19:30

Re:

Merci à toi Mademoiselle-la-timide :-))

 
Maddie
30-10-06 à 17:42

Merci pour ce texte. Beau, on sent tout pleins d'émotions dans ces mots. En plus, j'écoutais une musique douce, donc ca collait parfaitement je crois.

N'arrete jamais d'écrire... Et merci d'être toi !

 
joumana
06-11-06 à 19:31

Re:

:-))

Bonne soirée petite Maddie!


 
Farewells
30-10-06 à 19:21

Tout va trop vite. Pour tout le monde. Le plus dur, c'est de s'en apercevoir. C'est ce qui fait aussi que nous avons tous du mal à trouver nos repères. Parce que tant de choses nous traversent, nous imprègnent, nous effleurent. On aimerait tout retenir. Tout garder à soi comme autant de trésors si difficilement conquis. Mais tout glisse, tout nous échappe. Et on reste finalement avec le souvenir de ces moments si agréables, si beaux, ces moments à nous. Ces moments qu'on aimerait pouvoir partager, revivre, encore et encore.

Mais il n'est nul besoin de regretter les bons choix. On ne doit pas être triste d'avoir vécu de jolis moments. C'est parfois l'impression que tu donnes. Et quand tu fais le bilan de ta vie et que tu trouves qu'elle part dans tous les sens, c'est que tu as oublié le principal. Rien n'arrive par hasard. Cette richesse qui fait ta vie ne te tombe pas dessus toute seule. C'est toi qui la crée. Et si tu dois donner une direction à ta vie, c'est celle du partage. C'est le mot qui, à travers ce que tu écris, semble le mieux te définir.

Parce que si ta vie s'enrichit des autres, de tout ce qu'ils t'apportent et de tout ce qu'ils te permettent de vivre, eux aussi, assurément, ils s'enrichissent à tes côtés. Et ça, c'est une force. Insoupçonnée parfois, mais si puissante...



 
joumana
06-11-06 à 19:34

Re:

Oui souvent, je suis triste en songeant aux beaux moments, je sais pas, cette sensation que c'est déjà du passé, qu'on ne pourra plus les revivre, ou alors sous une autre forme...

Merci pour tes mots Farewells, ils sont justes, et réconfortants.

 
Amethyst
30-10-06 à 21:14

Ce que j'aime par dessus tout dans tes écrits, c'est cette alternance : d'un côté du touchant, du percutant, du retournant et de l'autre un regard très drôle sur la vie. Tes mots ont cette magie-là...

Gros bisous.

 
joumana
06-11-06 à 19:36

Re:

Je crois que l'on est tous pareils : on alterne le vague-à-l'âme et les petits bonheurs...

Bisous Petite :-))


 
Amethyst
06-11-06 à 21:11

Re: Re:

Oh oui et ça me rassure finalement :-) Me sens un ptit peu moins cinglée pour le coup...

 
joumana
19-11-06 à 11:17

Re: Re: Re:

Ce n'est pas être cinglée, c'est être vivante .. :-))

 
Carole Audrey Victoria
30-10-06 à 22:37

Comme je te comprend

parfois, on a envie de se poser de réfléchir, d'emmagasiner tous nos souvenirs, y repenser avec un sourire ou une larme... laisser la vie passer le temps d'une journée.

heureusement, tu as tes amis, MMA notamment. ils t'empèchent de faire ton huitre trop longtemps. c'est pas bon de faire l'huitre. tu as bien fait de prendre un chat avec toi, il t'apportera tout l'amour inconditionnel que les humains ne peuvent se porter. je suis sectaire quand je dis ça, mais bon, ça fait partie de la vérité aussi.

je regarde sex and the city, je regarde l'évolution, la fin, et je me dis que c'est pas ça la vie! le sex fonctionne pas aussi facilement, on a pas le temps de ressentir avec elles qu'elles sont déjà passé à autre chose! pff!!

j'ai le sentiment que tu es fatiguée depuis longtemps, épuisée moralement et physiquement. j'ai un conseil à te donner: que se soit à 22 ou 30 ans, fais ce que ton corps a envie de faire, fais ce que tu as envie de faire! épicurienne dans le bon sens du terme!

je te fais des bisouxx, en espérant que tu ne me trouves pas mon commentaire trop excessif, je suis d'une nature curieuse et j'ai tendance à me méler de tout...


 
joumana
06-11-06 à 19:42

Re: Comme je te comprend

Oui, prendre le temps de souffler un peu pour repartir..

Mon chat est vraiment la meilleure décision que j'ai prise depuis longtemps (même si là, présentement, Monsieur gambade sur le clavier et que je lutte pour écrire!!).

Sex and the City n'est évidemment qu'une série, et évidemment, il faut prendre du recul (d'ailleurs, qui a autant de paires de chaussures que Carrie ???). Ceci dit, cela reste très agréable à regarder.

Oui je suis un poil lasse, mais il me semble que je n'ai pas épuisé encore toutes mes ressources...!

Pas de souci avec ton excessivité, je comprends...;-)) Bisous!


 
Mel
30-10-06 à 23:38

enfin!

Joum je voulais juste t'écrire que j'aimerais que ma vie soit aussi "pleine" que la tienne...Peut-être que je vis par procuration et que je vais passer pour une envieuse mais tant pis! Oui tes mots me font envie et ils me donnent des réponses donc merci.

(Ta photo est très jolie!)


 
joumana
06-11-06 à 19:45

Re: enfin!

Mais je suis certaine que ta vie est remplie elle aussi, regarde autour de toi, il y a des tonnes de trucs à faire :-)).

Bonne soirée Mel!

(merci!)


 
delest
02-11-06 à 21:19

Espoirs effondrés ? Pourquoi donc ? Je crois qu'il ne faut pas oublier que les éditeurs ne sont pas des juges, simplement des fabricants de livres vivant de leurs ventes. Il y a mille façons d'interpréter un refus.

Ecire, c'est jouer d'un instrument qu'on aurait dans la tête - parfois ce n'est qu'une question de réglage. En tous cas je te souhaite sincérement de trouver le tien - on dirait, post après post, que tu n'en es plus très loin.


 
jujuly
02-11-06 à 22:27

Re:

Elle est bien jolie ta petite nostalgie, Joum.
Je te souhaite de continuer à être bien en étant toi.
Des bises.

 
joumana
06-11-06 à 19:50

Re: Re:

C'est pas évident mais en tout cas, j'ose espérer que c'est sur le bon chemin!

Bises à toi aussi Jujuly et merci d'être passée :-))

 
joumana
06-11-06 à 19:46

Re:

Il me semble alors que je n'ai pas encore fini tous les réglages (aurai-je vraiment fini un jour...?). Mais je vais persévérer!

 
Shalima
04-11-06 à 01:02

Hé bien...

J'en suis toute retournée... merci...
Et des bisous tout doux !
Shal


 
joumana
06-11-06 à 19:49

Re: Hé bien...

Merci à toi Shal, bisous tout plein!

 
Themusinglad
08-11-06 à 01:14

Re: Re: Hé bien...

hola nouvelle connue,

tombé là par hasard

il y a dans tes mots rien et tout

enfin je crois, suis pas forcément poête ni sociologue:)

en tout cas, j'ai hâte de finir ce petit commentaire pour lire la suite

je ne pense pas que ce soit des clichés tout ça, juste des choses universelles et culturelles aussi

"vous ne viendrez plus chez nous par hasard"

+++ et merki pour le moment passé


 
joumana
10-11-06 à 13:20

Re: Re: Re: Hé bien...

Hé, je suis pas une pompe à essence hein ;-))

Merci pour ta visite nouvel inconnu!


 
meeooow
08-11-06 à 22:01

Tu as le droit d'avoir ton intimité =))

Tu sais Joum, j'ai pris une grande décision, je vais peut-être faire des études pour être éditrice. Et d'ici 5 ans, tu m'envoies tout ce que tu as écris, et je publie TOUT ! Wah j'aimerais trop ! Bon après faut réussir, et faudra quand-même que tu couches avec moi d'abord, ou que tu m'offres du chocolat et des mojitos =)

Ta groupie qui met longtemps pour mettre un com mais c'est parce que tu publies toujours des articles super bien écrits, j'ai la sensation de me répèter ! ^^ (même si celui-là est encore mieux que les autres je dois avouer)

Ta groupie qui t'aime ! (tout simplement)

 
joumana
10-11-06 à 13:24

Re:

Ah mais voilà une bonne nouvelle, je prépare le chocolat et les mojitos (euh pour coucher, on va éviter de compliquer ma situation sentimentalo-sexuelle si tu veux bien ;-)))!

Merci chère Emma :-))


 
leJocker
08-11-06 à 23:32

Joum... je te trouve super craquante en pijama...lol

 
joumana
10-11-06 à 13:20

Re:

Ouh la, il ne faut pas dire ça sans avoir vu à quoi ressemble mon pyjama ;-))

 
leJocker
11-11-06 à 10:14

Re: Re:

les pijamas c'est comme les papiers cadeaux, ce qui est important c'est ce qu'il y a dedans ! lol

 
joumana
19-11-06 à 11:16

Re: Re: Re:

Oui mais c'est aussi comme les Kinder Surprise, on ne sait jamais si la surprise va pas être super bidon (d'ailleurs elles le sont en général)(et en plus il faut les reconstruire..).

;-))

 
leJocker
21-11-06 à 13:13

Re: Re: Re: Re:

Moi j'adore le bricolage alors pas de sousis, par contre je te laisse le chocolat (j'aime pas le chocolat kinder)
sinon ...il me semble, d'apres ta photo, que la surprise ne soit pas si bidon ...;-)

Mais j'ai aussi beaucoup aimé ton texte (surtout le coup de je cache les yeux de bb chat ....mdr), il donne, tantot envie de te prendre dans les bras, de rire , de sourire, de te voir evoluer du canap a la fenetre, la couette sur le dos , le chat dans les bras...

humm....soupir...









au fait ! t'es a 19€ des plages de chez moi je te signale !

 
joumana
28-11-06 à 00:19

Re: Re: Re: Re: Re:

J'adore le chocolat Kinder, pas de souci!

Mais est-ce que ça donne envie de me donner du chocolat? Parce-que c'est CA le plus important ;-))

19euros, ah oui?

 
leJocker
02-12-06 à 02:02

Re: Re: Re: Re: Re: Re:

Tu oublies aussi ceci : est ce que tu aurais envi que moi je te donne le chocolat ...

 
joumana
04-12-06 à 23:21

Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:

Je suis pas sectaire lorsqu'il s'agit de chocolat ;-))

 
jonas
10-11-06 à 12:00

J'aurais pu dire que j'ai apprécié ton récit (comme d'hab')... ;-))

 
joumana
10-11-06 à 13:21

Re:

Merci de l'avoir dit alors Jonas...;-))

 
-Melina-
13-11-06 à 00:56

Re: Re:

Tu as des airs d'Audrey Hepburn sur cette photo! Très classe :)

 
joumana
19-11-06 à 11:11

Re: Re: Re:

Oh merci Melina, c'est un bien joli compliment!

 
Mollux
13-11-06 à 16:15

2 ans plus tard

Aujourd'hui, j'ai mangé des salsifis (le glamour n'a pas de frontières). Alors forcément on travaille moins bien quand son ventre fait plus de bruit que le telephone. Impossible de travailler, on traîne sur le web. Et là, le souvenir jaillit.

Comment qu'elle s'appelait cette nana qui écrivait des trucs rigolos et tristes à la fois, que je lisais régulièrement il y a deux ans ?

Il faut croire que je m'en suis souvenu puisque j'écris ces quelques lignes. Les histoires changent, la personne ne change pas. Tu as remmené mon âme sur un océan de joie et de mélancolie. Je crois que je vais y rester quelques temps. Finalement on y est bien.

Merci Joum !

 
joumana
19-11-06 à 11:14

Re: 2 ans plus tard

Hé bien je suis flattée que des salsifis t'aient repoussé par ici! (Bon mais je déteste les salsifis)(oui on s'en fout).

Merci à toi Mollux d'être passé!

 
anouchka
06-12-06 à 21:57

toi

jeudi dernier (le 30novembre), j'etais a paris bercy, au concert de benabar
a coté de moi, une nenette haute comme trois pommes est arrivée, entouree de sa bande de potes
je l'ai vue, petillante, fofolle, morte de rire
j'ai pensé a toi, je me suis dit que cela aurait pu

deux minutes apres, elle etait sur les epaules de son pote, pr voir arriver une cops dans la foule
j'ai regardé ces derniers, ils auraient pu etre ton couple d'amis, ceux que tu decris parfois : ils avaient la sagesse du couple ds leurs yeux
et pis a coté, j'ai vu un ptit mec, j'ai pensé a ptit collegue...

Parfois, internet nous fait fabuler, inventer des gens, les trouver en des inconnus

merci pour la rencontre avec cette autre toi

 
joumana
09-12-06 à 10:42

Re: toi

Oui ce n'était effectivement pas moi, parce-que ... je suis haute comme au moins 1 kilo de pommes (quoi c'est pas drôle??) ;-))

Bisous miss Anoucka!


 
anouchka
09-12-06 à 13:13

Re: Re: toi

bon, tant pis !

j'aurais espéré ! et je continuerai a inventer des blogueurs dans les rues de paris, en flanant le nez en l'air


 
joumana
11-12-06 à 13:48

Re: Re: Re: toi

Un jour, on se croisera sûrement, tu peux me repérer facilement : je hurle ou je tombe ou les deux!

;-))

 
noals
11-12-06 à 11:30

"mais je voudrais savoir, lorsqu'un homme maigrit, maigrit-il aussi du ... pénis?"
non.

en meme temps y'a une légende qui dis que les gros en ont un petit.
imagine si il font régime...


 
joumana
11-12-06 à 13:48

Re:

Je te laisse aller expliquer cette théorie à Moustache ;-))

 
noals
11-12-06 à 15:03

Re: Re:

celle qui a trompé son gars ?
a part quelque mots que j'ai lu sur elle ici, j'la connais pas, ni toi d'ailleur. j'ai juste vu que t'avais visiter mon joueb alors j'ai mis un petit commentaire vite fait au passage.

tchuss.


 
joumana
11-12-06 à 16:05

Re: Re: Re:

C'était une blague hein...
Euh en fait j'ai découvert ton blog suite à ta trace ici.

Bref, bonne après-midi!


 
noals
11-12-06 à 22:18

Re: Re: Re: Re:

"C'était une blague hein... "
ouai, j'suis pas trop d'humeur en ce moment.

"Euh en fait j'ai découvert ton blog suite à ta trace ici."
ah bon lol

tchuss


 
bambino
18-02-07 à 03:15

...

Interesting comments.. :D

 
bambini
24-02-07 à 17:20

...

Lavoro eccellente! ..ringraziamenti per le informazioni..realmente lo apprezzo: D

 
tempo
11-03-07 à 06:12

...

Luogo molto buon:) Buona fortuna!